Depuis fin mai nous avons démarré la négociation du nouvel accord d’intéressement avec une contrainte de calendrier. En effet pour être déposé et validé par les pouvoirs publics nous devons clôturer la négociation mi-juin. Cependant, face à une direction qui veut aller vite, la CFDT refuse l’« urgence organisée »
Pourquoi cette négociation est cruciale ?
Un bon accord d’intéressement fait partie de la politique de rémunération : lorsqu’il est bien construit, il permet de reconnaître les efforts fournis par les salariés et l’engagement collectif.
Au début de la négociation, la CFDT a rappelé que l’intéressement ne remplace pas une politique salariale. Les NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) restent le cœur de la rémunération : salaires, égalité professionnelle, classifications, défense et rattrapage du pouvoir d’achat.
Pour la CFDT l’accord d’intéressement ne doit pas servir d’alibi pour éviter d’augmenter les salaires.
L’objectif principal de la CFDT est de permettre d’associer les salariés aux résultats et aux performances de l’entreprise : partager le fruit de la performance collective avec les salariés.
Les conditions de négociation de l’accord : un calendrier intenable
La négociation de l’accord 2026–2028 se déroule dans des conditions inadmissibles.
La mise à disposition le matin même de la réunion de lundi dernier, de documents de référence essentiels, comme le Plan Moyen Terme (PMT) qui est un document stratégique qui définit les orientations du groupe, les objectifs financiers, les perspectives d’activité, les projets de transformation mais également du projet d’accord d’intéressement, est un manque de respect total pour les négociateurs et pour les salariés.
⚠️ La CFDT le dit clairement :
On ne négocie pas sérieusement dans l’urgence organisée.
La démarche de la CFDT : Constructive mais exigeante
Notre objectif est simple : obtenir un accord utile, déclenchable, transparent et juste.
Nous refusons les accords “vitrine ”qui ne versent rien.
Nous voulons un dispositif qui récompense réellement l’engagement des salariés.
Nos exigences : clarifier, sécuriser, rendre juste
Un déclenchement réellement atteignable.
La direction propose un déclenchement (“interrupteur”) basé sur le résultat, avec des paliers annuels. Problème : si la barre est trop haute, l’intéressement ne se déclenchera jamais.
Les Organisations syndicales ont travaillé une contre-proposition visant à sécuriser le déclenchement (pour éviter un accord “zéro” dès qu’un aléa macro/financier survient).
Des objectifs atteignables et pilotables
L’intéressement doit reposer sur des critères à partir desquels le travail des équipes a un impact concret, pas sur des éléments dépendants uniquement de la conjoncture ou de décisions stratégiques hors de portée.
L’indicateur “plateformisation” doit être revu
La CFDT demande :
- Des objectifs compatibles avec l’état d’avancement du plan
- Une transparence totale sur la trajectoire
- Une neutralisation de l’indicateur en 2026, pour permettre un possible déclenchement
- Une transparence totale : zéro zone grise
Définitions, périmètres, sources de données, retraitements…
La CFDT veut un accord robuste et sans ambiguïté, pour garantir un suivi sérieux et éviter les interprétations unilatérales.
Un suivi dans la durée
Un accord sur 3 ans nécessite :
- Une commission de suivi outillée,
- Un calendrier clair,
- Des explications régulières,
- Des simulations,
- Une clause de revoyure si les conditions évoluent.
Égalité femmes hommes : La CFDT demande avec insistance des actes
La CFDT regrette que les demandes visant à renforcer l’égalité professionnelle ne soient pas entendues.
Certaines règles pénalisent :
- Les salariés à temps partiel,
- Les congés maternité, paternité, maladie, situation d’aidance.
Qu’on le veuille ou non cela touche généralement plutôt les salariées femmes. C’est pourquoi la CFDT demande que l’accord d’intéressement ne renforce pas les inégalités et qu’il soit cohérent en matière d’égalité professionnelle.
C’est pour la CFDT en totale cohérence avec le fait que nous négocions actuellement un nouvel accord Egalité professionnelle. Par ailleurs, lors de sa venue en CSE notre Directeur Général a redit l’intérêt fort qu’il portait sur cette notion d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans le Groupe.
Conclusion : La CFDT ne signera pas les yeux fermés
La CFDT veut un accord utile, mais refuse de signer sans garanties solides.
Signer, c’est s’engager. Cela suppose :
- Des règles compréhensibles,
- Des objectifs atteignables,
- Un déclenchement sécurisé,
- Une transparence totale
- Une prise en compte réelle des enjeux de l’égalité femmes hommes.
La CFDT restera force de proposition et vous tiendra informés à l’issue de la prochaine réunion prévue le 12 juin.


Vous allez donc demandé comme le fait la CGT depuis plusieurs années une répartition égalitaire d une partie de l enveloppe pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes ?
Merci pour vos commentaires.
Vous évoquez une proposition portée depuis plusieurs années par une organisation syndicale pour utiliser une partie de l’enveloppe d’intéressement afin de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes.
L’objectif est évidemment louable et mérite d’être débattu.
En revanche, si cette solution était aussi simple et aussi efficace comme certains l’affirment comment expliquer qu’après plusieurs années de revendications sur le sujet, les résultats attendus ne soient toujours pas au rendez-vous ?
La réalité est sans doute plus complexe.
Les inégalités professionnelles ne se résument pas à une formule de répartition de l’intéressement.
Elles relèvent de politiques salariales, d’évolutions de carrière, de recrutements, de promotions et de nombreux autres leviers.
Nous continuerons donc à défendre des mesures concrètes et réalistes, plutôt que de laisser croire qu’un seul dispositif pourrait résoudre à lui seul un sujet aussi important.
Merci pour l’intérêt que vous portez à nos communications. »
Vous êtes le 1er syndicat du groupe avec plus de 50 % et « La CFDT regrette que les demandes visant à renforcer l’égalité professionnelle ne soient pas entendues ». ça vaut bien le coup d’avoir voté pour vous, vous proposez quoi pour remédier au constat que les femmes perçoivent moins ? Rien à part des regrets?
Bonjour,
Merci pour votre commentaire.
On ne se contente pas de “regretter” : on négocie et on met des propositions concrètes sur la table.
Mais une négociation, ce n’est pas un vote qui “donne tout pouvoir” : un accord doit se construire et, en face, la direction n’est pas prête à tout accepter. Notre rôle, c’est de porter vos revendications, argumenter, chiffrer, sécurise et tenir notre stratégie jusqu’à obtenir des avancées réelles ou refuser de signer si ce n’est pas à la hauteur.
Donc oui : on agit, on propose, on pousse, et on continuera à le faire et on vous dira clairement ce qui est accepté, ce qui est refusé, et pourquoi.
Bah alors, on fait de la censure quand les commentaires vont pas dans votre sens?
Bonjour,
Nous ne censurons rien et pour preuve on publie votre commentaire un peu moqueur. C’est juste que, comme expliqué dans nos différentes réponses, nous négocions, nous préparons nos dossiers avec sérieux. Nous ne nous contentons pas uniquement de communiquer à tout va, à nous agiter car nous savons que les attentes des salariés sont fortes et que nous avançons dans un environnement compliqué face à une direction de plus en plus rigide.
A quand un travail COLLECTIF, certains ne cessent de critiquer les autres sans apporter de solutions. Les Collaborateurs doivent rigoler en lisant les tracts de chacunes des Organisations Syndicales.
en tout cas, ce qu’il faut en ressortir aujourd’hui c’est que tous les accords signés par vous la CFDT, ont apporté réellement du pouvoir d’achat au salariés, ceux qui n’ont pas signer devraient tourner 7 fois leur langue dans leur bouche avant de parler. voici ce qui a fait basculer mon choix de vote..le FACTUEL.
Je trouve effarant les commentaires désagréables alors que les négociateurs ne sont pas tous parisiens et ont dû organiser leurs déplacements parfois à l’arrache au détriment de leur vie privée (ils font des journées de plus de 10h parfois !), ont du lire des documents imbuvables fournis en urgence par la direction, ils ont face à eux une direction malhonnête et qui cherche par tous les moyens à ne pas leur simplifier la tache, si certains sont capables de faire mieux, qu’ils le fassent au lieu de critiquer ! c’est beau la cohésion syndicale que certains appellent de leur voeux ! N’empêche qu’heureusement la CFDT a signé l’accord intéressement parce que ce n’est pas avec la NAO qui n’en fut pas une qu’on aurait eu quelque chose ! Bref merci à certains de diriger leurs efforts de contradiction vers notre direction au lieu d’attaquer un syndicat qui essaie malgré les batons dans les roues de négocier honnêtement des accords pour tous les salariés !