Les salariés s’interrogent et on les comprend…

Ces dernières semaines, la Direction martèle un discours rassurant : « tout ne va pas si mal », « socle solide », « efficacité au service des clients et des collaborateurs ». En parallèle, sur le terrain, les réponses aux demandes concrètes de pouvoir d’achat et de reconnaissance restent désespérément identiques : NON. Ce décalage n’est plus seulement un sujet de débat social. Il devient une question de confiance.

Des résultats 2025 mis en avant… et des chiffres qui parlent

Souvenez vous, le communiqué de presse sur les résultats 2025 mettait en avant une série d’indicateurs positifs :

  • Chiffre d’affaires consolidé : 13,1 Md€ (+2,1%)
  • Résultat net des activités assurantielles : 358 M€ (avant surtaxe d’IS)
  • Résultat net part du Groupe : 188 M€ (+2,9%)
  • Solvabilité : 181% (+5 points)
  • Cotisations en retraite complémentaire : 22,7 Md€ (+2,7%)

La Direction y voyait « un socle solide » pour le plan stratégique « Esprit de conquête ».

Cependant il faut regarder ces annonces en face et poser une question simple : si les résultats permettent d’afficher un socle solide, pourquoi la politique sociale reste-t-elle à ce point verrouillée ?

Le quotidien, lui, n’attend pas : inflation, carburant, télétravail… NON à tout

Sur l’inflation, le carburant, et la pression sur les budgets, la Direction sait. Elle constate. Elle communique sur « l’humain ». Puis elle refuse.

Dans notre article « Inflation, carburant, télétravail : la Direction dit NON à tout »,

  • NON à la réouverture des NAO
  • NON à un télétravail exceptionnel lorsque le coût du déplacement explose pour celles et ceux qui doivent venir sur site
  • NON à une aide carburant

Le plus difficile, ce n’est pas d’entendre qu’il y a des contraintes.

Le plus difficile, c’est d’entendre ce refus systématique, pendant qu’on explique en même temps que « le Groupe se porte mieux », que « la solvabilité progresse », et que « la performance constitue un socle solide ».

Pour beaucoup de salariés, le message devient :

« On vous demande des efforts, de la flexibilité, de l’engagement… mais quand il s’agit de vous protéger face aux chocs du quotidien, c’est à vous de vous débrouiller. »

C’est cela, aujourd’hui, qui nourrit l’incompréhension.

NAO : un échec qui laissera des traces

Les NAO ne sont pas un simple rituel.

C’est le moment où l’entreprise doit répondre, de manière collective, à la question de la reconnaissance du travail.

Quand les NAO échouent, quand on renvoie les salariés vers des « augmentations individuelles » et des « primes discrétionnaires », on entretient :

  • l’opacité,
  • le sentiment d’arbitraire,
  • la mise en concurrence,
  • et le décrochage.

Résultat : on ne parle plus seulement d’euros. On parle de confiance.

Intéressement 2025 : oui, une victoire CFDT et il faut le dire clairement

Au milieu de ce climat social tendu, il y a un fait qu’il ne faut pas occulter :

l’intéressement 2025 est historique et c’est une bonne nouvelle concrète.

Les chiffres sont clairs :

  • 10,277 M€ distribués
  • 4,3977% de la masse salariale
  • Un niveau « hors bonus » à 4,3227%, soit 89,13% de l’enveloppe maximale

Et il faut rappeler un point essentiel : sans accord, pas de versement.

La CFDT assume et revendique ce résultat : c’est le fruit d’un accord avec des règles, des seuils, des déclencheurs transparents et surtout le travail de toutes et tous.

C’est justement parce que nous voulons protéger ce résultat (et ne pas laisser les non signataires réécrire l’histoire) que nous réaffirmons que :

  • Oui, l’intéressement est une avancée.
  • Oui, c’est une victoire CFDT et des deux autres partenaires signataires.
  • Oui, nous irons négocier le prochain accord avec des ambitions fortes.

Ce que la CFDT porte : cohérence, respect, et confiance

La CFDT ne demande pas l’impossible.

Nous demandons un discours cohérent et transparent :

  • Si l’entreprise se dit solide, elle doit le prouver aussi dans sa politique sociale.
  • Si elle appelle à « l’engagement », elle doit reconnaître l’effort autrement que par des refus.
  • Si elle veut « servir les clients et les collaborateurs », elle doit répondre aux difficultés réelles du quotidien.

Aujourd’hui, l’équation est simple

L’échec des NAO, additionné au refus d’accorder des aides face à l’inflation alors que l’intéressement atteint un niveau record, forme une équation complexe et illisible pour les salariés qui mine la confiance et fragilise la motivation des salariés.

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