Lors du CSE du 21 mai 2026, les élus du CSE ont accueilli le Directeur général, venu faire un tour d’horizon des actualités du Groupe. La CFDT a pu apprécier la transparence avec laquelle le DG a répondu aux questions, ce qui a atténué nos crispations de ces dernières semaines sur la qualité du dialogue social autour du déploiement du plan stratégique “Esprit de conquête.
Une intervention marquée par davantage de transparence
Le Directeur général a répondu à l’ensemble des questions et apporté des éléments d’explication sans esquiver les sujets sensibles. Plusieurs échanges ont permis de clarifier la logique des arbitrages, le cadre de pilotage et les incertitudes réelles qui pèsent sur l’activité.
Cette transparence n’est pas un détail : elle est une condition de confiance et de dialogue social de qualité, surtout lorsque l’entreprise demande des efforts, engage des transformations et affiche des ambitions à moyen terme.
Dans l’un de nos derniers articles, nous nous inquiétions de la qualité du dialogue social du fait d’annulations tardives d’instances, de changements de dates permanents et d’un agenda social instable. Il semble que notre alerte ait été entendue tant cet échange a permis d’avoir les éclaircissements nécessaires à la stratégie de l’entreprise.
Reconnaître les faiblesses, notamment sur la distribution : un signal important
Autre élément notable : la Direction n’a pas nié que, sur certains sujets notamment la distribution les choses n’avancent pas aussi vite que beaucoup l’espéraient. Les échanges ont rappelé des constats déjà partagés : perte importante d’effectifs commerciaux sur la période récente, nécessité de prendre des décisions sur l’organisation et les modèles, et enjeux d’équipement et outillage pour rendre la performance possible sur le terrain.
Pour la CFDT, c’est précisément parce que la Direction reconnaît ces difficultés qu’il devient indispensable d’obtenir rapidement des éléments concrets : trajectoire, priorités, jalons, moyens, indicateurs et plan d’action commerciale.
Un contexte économique qui fragilise sans interdire l’optimisme
La Direction a également replacé 2026 dans un environnement économique plus adverse : taux durablement élevés, incertitudes de marché, pression concurrentielle, et difficultés persistantes de DOMITYS (même si le plan de redressement apparaît en adéquation avec l’objectif cible). Ce contexte, personne ne peut le minimiser.
Pour autant, les échanges ont aussi mis en avant des signaux plus encourageants : dynamique commerciale plus favorable sur certains périmètres, amélioration de la solvabilité, et volonté de sécuriser les projets structurants.
Oui, le contexte est exigeant. Mais le droit à l’optimisme existe, à condition qu’il soit adossé à des actes : des choix clairs, des moyens cohérents et un pilotage responsable.
Sur les taxes et impôts imposés aux groupes de protection sociale par les pouvoirs publics, le Directeur général a expliqué subir davantage ces décisions qu’avoir la capacité d’agir dessus. Dans un contexte budgétaire contraint, les pouvoirs publics cherchent de nouvelles ressources fiscales, notamment auprès des groupes de protections sociale.
“Esprit de conquête” : ambition partagée, mais exigence de preuves
La CFDT partage l’idée qu’un plan à horizon de 6 ans doit combiner développement et compétitivité, et intégrer l’impact des transformations (plateformisation, IA). La Direction a expliqué une ligne de prudence : éviter des recrutements CDI “irréversibles” tant que les impacts de la technologie ne sont pas pleinement lisibles, et recourir si besoin à des ressources plus temporaires (CDD, prestation) pour passer certaines périodes de charge.
Nous entendons cette logique. Mais elle appelle aussi une vigilance : la prudence ne doit pas devenir une sous-capacité durable, ni se traduire par une dégradation des conditions de travail, de la qualité de service, ou de la capacité commerciale.
Projet immobilier sur les sites parisiens : un rapprochement de 3 sites toujours d’actualité
Le Directeur général a confirmé son souhait d’avancer rapidement sur le chantier de regroupement des sites de Malesherbes, Levallois, Brune et Domitys. Seul le site retraite de Paradis ne serait pas impacté.
Rien de détaillé n’a été annoncé, mais les élus CSE devraient être informés et consultés dès que ce projet sera instruit dans sa globalité. Affaire à suivre donc…
Pas de blanc-seing : nos points d’attention restent entiers
Être constructifs ne signifie pas donner un blanc-seing. La CFDT continuera à demander des garanties et des engagements sur plusieurs sujets clés :
Le retard de présentation du PMT, qui fragilise la bonne compréhension des éléments et complique la négociation, dans de bonnes conditions, du nouvel accord d’intéressement. En effet, celui-ci sera présenté le 2 juillet alors que la négociation sera terminée.
La politique salariale : la CFDT a interrogé directement la Direction sur l’équilibre assumé qui tend à individualiser les augmentations au détriment du collectif, une orientation qui n’est pas en adéquation avec l’esprit collectif que le Groupe souhaite mettre en avant.
Les moyens réels associés aux ambitions (distribution, gestion, relation client, projets structurants).
L’adéquation charge/ressources, et la façon dont elle est mesurée (délais, qualité, heures supplémentaires, signaux RPS).
La visibilité sur les feuilles de route, notamment RH (déclinées, datées, avec indicateurs). A ce sujet, la DRH s’est engagée à venir devant le CSE présenter la feuille de route RH plus en détail.
La cohérence entre compétitivité, transformation et maintien d’un collectif de travail soutenable.
La transparence sur les arbitrages (ce qui est priorisé, ce qui est reporté, et avec quelles conséquences).
Conclusion : un échange utile, à transformer en actes
Ce CSE a montré qu’un échange direct et argumenté est possible, et que la Direction peut reconnaître les difficultés tout en assumant une ambition. C’est un point positif.
La suite, maintenant, doit être à la hauteur : des feuilles de route lisibles, des indicateurs partagés, des moyens compatibles avec l’“Esprit de conquête”, et un dialogue social qui ne se limite pas à l’intention mais se juge sur la réalité vécue par les équipes.


Interessant, mais je vous trouve tres tres indulgent. Desolé d’etre critique mais vous servez la soupe a la direction en relayant bon nombre de ses arguments qu’elle nous a servi dans nos reunions manageriales. Aucun moyen ne nous est donné pour embarquer les equipes et vous effleurez a peine le sujet, histoire de ne pas froisser la direction generale.J’attendais de votre part plus de prise de risque ou a minima un decryptage plus profond. Je vous ai connu mieux inspiré.
c est pas de l indulgence, c’est la ligne de la CFDT. Et puis, ils vont pas prendre des risques alors que tres peu de collègues sont prets à s »embarquer » dans une action revendicative.
Merci pour votre retour.
l’objectif de notre article n’était pas de “servir la soupe” à la Direction, mais de rapporter fidèlement ce qui s’est dit en séance et surtout de souligner un point qui nous a paru notable : le fait que le Directeur général ait répondu sans esquiver et avec un niveau de transparence inhabituel. Ce qui avait manqué lors de précédentes séances de la part d’autres intervenants. Pour nous, la qualité du dialogue est un préalable : sans informations claires, il est impossible de contester utilement, d’obtenir des garanties, ni d’embarquer les équipes.
Sur le fond, nous ne donnons aucun blanc-seing :
nous attendons le rapport de l’expert pour analyser la solidité du plan, ses hypothèses, ses impacts (emploi, conditions de travail, moyens, organisation, charge) ;
et nous poserons toutes les questions et exprimerons toutes les réserves nécessaires au fil des prochaines instances.
Concernant votre point sur “les moyens pour embarquer les équipes” : vous avez raison, c’est un enjeu central. Et c’est précisément un des sujets que nous mettrons sur la table : quels moyens concrets (effectifs, budgets, formation, temps, outils, soutien managérial) et quels indicateurs sont prévus pour que ce plan ne reste pas un discours.
Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à contacter un représentant CFDT pour un échange plus direct.
Bien cordialement,
L’équipe CFDT AG2R
Bonjour, que pensez vous d un boycott du tour de france des régions ?
Bonjour, merci pour votre question cependant il faut rappeler un point essentiel : participer au “Tour de France des régions” n’est pas une obligation. Chaque salarié a le droit de décider en fonction de ses contraintes personnelles et professionnelles.
Nous sommes aussi lucides sur la réalité : départ très tôt, retour très tard, fatigue, organisation familiale, temps de trajet… On demande là un effort important. Quand, en parallèle, les salarié·es ont le sentiment que la Direction est dans une logique de “non” systématique (NAO conditions de travail, reconnaissance, organisation), il est compréhensible que certains ne souhaitent pas “en faire plus”.
Plutôt que de stigmatiser celles et ceux qui ne s’y rendraient pas, la Direction devrait se poser les bonnes questions : si la participation baisse, c’est peut-être le signe d’un malaise plus profond
La CFDT alerte depuis longtemps sur ces sujets. Le vrai enjeu n’est pas de culpabiliser les salariés, mais de traiter les causes : conditions d’organisation réalistes, respect de l’équilibre vie pro/vie perso, moyens, reconnaissance et dialogue social à la hauteur.
Bonjour, je reviens sur le point « Projet immobilier sur les sites parisiens : un rapprochement de 3 sites toujours d’actualité » : auriez-vous une idée de la destination éventuelle et son échéance svp ? Par avance, merci beaucoup.
Bonjour,
Nous n’avons à ce jour aucune information crédible tout juste des rumeurs. Nous communiquerons évidemment quand l’information sera connue et sérieuse.