Futur siège parisien au 10 boulevard de Grenelle : la CFDT informe et restera vigilante

La Direction générale a annoncé aux salariés le choix du 10 boulevard de Grenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, comme futur siège parisien du Groupe. Ce projet, a été présenté au CSE AG2R et le sera à celui de La Mondiale.

Ce projet vise à regrouper à terme les équipes parisiennes aujourd’hui réparties notamment sur Malesherbes, Brune, Levallois-Perret ainsi que les équipes de Domitys installées Porte d’Orléans. A noter que le site de PARADIS n’est pas concerné par ce projet .

Le choix du 15ème arrondissement, quartier dynamique et bien identifié, constitue un élément positif pour renforcer la visibilité de la marque AG2R LA MONDIALE dans la capitale.

Pour la CFDT, ce projet est structurant. Il peut représenter une opportunité pour améliorer la coopération entre équipes, simplifier certains fonctionnements et proposer un environnement de travail modernisé. La CFDT aborde donc ce dossier de manière positive et constructive, mais elle a tout de même des réserves importantes.

La CFDT salue également l’absence de bureaux individuels, y compris pour les hauts directeurs. Ce choix architectural et organisationnel va dans le sens d’une plus grande proximité entre les équipes et les directions, d’une meilleure circulation de l’information et d’une culture managériale plus ouverte.

Un projet de regroupement en deux temps

Le site retenu est un immeuble appartenant au groupe via AGLM IMMO. Il est situé 10 boulevard de Grenelle. Il s’agit d’un grand immeuble de 17 étages, mesurant environ 29 500 m². Il comprend un auditorium, un service de restauration, des jardins, des terrasses et des espaces de travail Flex Office.

La Direction nous a indiqué que l’arrivée sur le site se fera à partir du second semestre 2028, en deux temps :

  • une première phase concernera notamment les équipes de Malesherbes, Levallois-Perret et DOMITYS Porte d’Orléans ;
  • une seconde phase concernera les équipes de Brune, selon un calendrier qui dépendra notamment de la disponibilité complète des surfaces et des discussions avec le locataire actuellement présent sur une partie de l’immeuble.

Les élus CFDT ont rappelé qu’il était indispensable d’être transparent en amont pour savoir qui déménage, quand, dans quelles conditions, et avec quelles mesures d’accompagnement.

Des points positifs à reconnaître

La CFDT ne conteste pas l’intérêt de réfléchir à une organisation plus lisible des implantations parisiennes. Le regroupement de plusieurs équipes sur un même site peut avoir des avantages : faciliter les échanges entre directions, éviter ou réduire les déplacements entre sites , améliorer la transversalité, offrir des espaces de travail plus modernes, permettre un meilleur accueil des collègues venant de province ou d’autres entités, donner davantage de cohérence au fonctionnement du Groupe.

Le choix d’un site bien desservi par les transports en commun est également un élément important. Le 10 boulevard de Grenelle se situe à proximité de plusieurs lignes de métro, du RER C et de stations Vélib’.

Cependant, un projet immobilier ne peut pas être jugé uniquement sur son intention ou sur sa localisation. Il doit aussi être apprécié au regard de ses conséquences réelles sur le quotidien de travail.

Le flex-office ne doit pas dégrader les conditions de travail

Le futur site est pensé autour du flex-office, avec un taux de flex annoncé autour de 0,7 poste par salarié interne. La Direction affirme que ce niveau serait confortable et conforme aux standards actuels.

La CFDT restera très vigilante sur ce point. Le flex-office peut fonctionner si les conditions sont réunies : espaces suffisants, règles claires, acoustique adaptée, salles de réunion disponibles, zones de concentration, confidentialité, équipements fiables, possibilités de réservation simples, casiers, espaces d’équipe et prise en compte des métiers.

À l’inverse, un flex-office mal dimensionné peut générer des irritants au quotidien : difficultés de concentration, saturation des espaces certains jours, dégradation du collectif de travail, tension autour de la réservation des postes et des salles etc…

La CFDT demandera donc des garanties précises sur l’aménagement réel des espaces, métier par métier, et sur les conditions d’utilisation du flex-office.

Restauration, parkings, vélos, ascenseurs : les services devront être à la hauteur

Plusieurs questions très concrètes ont été soulevées en CSE.

La capacité de restauration annoncée est d’environ 950 couverts par jour. La Direction estime que cette capacité sera supérieure à l’existant cumulé sur certains sites, mais les élus ont demandé un comparatif précis avec la situation actuelle et les besoins réels. Les jours de forte présence, de réunions d’instances ou d’événements, le risque de saturation devra être sérieusement évalué.

La question du parking reste également sensible. Le site disposerait de 41 places sur site, complétées par des places à proximité, avec un objectif d’environ 200 places au total. Pour la CFDT, ce point doit être objectivé : combien de places sont utilisées aujourd’hui ? Par qui ? Pour quels usages professionnels ? Quelles solutions pour les véhicules électriques, hybrides, les personnes ayant des contraintes particulières ou les déplacements professionnels ?

Les locaux vélos, les douches, vestiaires, places deux-roues motorisés et bornes électriques devront également être dimensionnés en fonction des usages réels, pas seulement selon une approche théorique.

Temps de trajet : un sujet majeur pour les salariés

La Direction met en avant une bonne accessibilité du site. C’est un élément positif, mais il ne suffit pas.

Selon les lieux d’habitation et les sites actuels, certains salariés pourraient gagner du temps, d’autres en perdre. La CFDT demandera une analyse précise et transparente des impacts en temps de trajet, en particulier pour :

  • les salariés actuellement à Levallois, Brune, Malesherbes.
  • les salariés ayant des contraintes familiales ou de santé ;
  • les salariés venant ponctuellement de province ;
  • les salariés amenés à se déplacer régulièrement pour leur activité.

Un changement de lieu de travail peut avoir des conséquences importantes sur l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle. Il doit donc être accompagné sérieusement.

Une période transitoire encore floue

Le projet prévoit une arrivée en deux temps. Une partie des équipes de Brune pourrait rester temporairement sur le site actuel si toutes les surfaces de Grenelle ne sont pas disponibles immédiatement.

Cette période transitoire soulève plusieurs questions :

  • combien de temps durera-t-elle réellement ?
  • quelles équipes seront concernées ?
  • comment éviter une organisation à deux vitesses ?
  • quels travaux seront nécessaires sur Brune si des salariés y restent plus longtemps ?
  • quelles conséquences sur les collectifs de travail ?
  • comment garantir l’équité entre les salariés installés à Grenelle et ceux qui resteraient temporairement ailleurs ?

Pour répondre à toutes ces interrogations, il faut là encore des échanges en amont en toute transparence avec des scénarios précis et des mesures d’accompagnement adaptées.

Les équipes DIMEX devront être pleinement associées

La Direction a indiqué que les équipes DIMEX suivraient le projet et seraient amenées à intervenir sur le futur site. Le 10 boulevard de Grenelle étant un immeuble de grande hauteur, il nécessitera des compétences spécifiques et une organisation adaptée. Sur les craintes de voir des doublons, voir plus d’équipe DIMEX parisienne, la Direction s’est voulue rassurante

La CFDT sera attentive à l’accompagnement des équipes concernées : formation, montée en compétences, moyens humains, organisation du travail, prévention des risques et reconnaissance des nouvelles contraintes liées à l’exploitation d’un immeuble de grande hauteur (IGH).

Des garanties attendues sur la santé au travail et les RPS

Un déménagement de cette ampleur n’est pas un simple changement d’adresse. Il modifie les repères, les collectifs, les habitudes de travail, les temps de transport, l’organisation des espaces et parfois les conditions d’exercice des métiers.

La CFDT demandera donc une véritable évaluation des impacts sur les conditions de travail et les risques psychosociaux :

  • avant le déménagement ;
  • pendant la phase de transition ;
  • après l’installation sur le nouveau site.

Cette évaluation devra associer les représentants du personnel, la CSSCT, les représentants de proximité, la médecine du travail et les salariés concernés.

La CFDT demande de la transparence et une vraie concertation

La Direction a annoncé que d’autres étapes de consultation auront lieu. Pour la CFDT, c’est indispensable.

La CFDT demandera également que les représentants de proximité soient régulièrement informés, afin de répondre aux questions des salariés au plus près du terrain.

La position de la CFDT

La CFDT prend acte de ce projet de futur siège parisien. Nous reconnaissons qu’il peut porter une ambition collective : mieux travailler ensemble, fluidifier les échanges et proposer des espaces plus modernes.

Mais cette ambition ne doit pas masquer les nombreuses questions encore ouvertes.

Pour la CFDT, la réussite du projet dépendra de trois conditions :

  • une transparence totale sur les impacts réels pour les salariés
  • une concertation sérieuse avec les représentants du personnel et les équipes concernées
  • des garanties concrètes sur les conditions de travail, les temps de trajet, les espaces, les services et l’accompagnement.

La CFDT restera donc pleinement mobilisée dans les prochaines étapes de consultation pour que ce projet ne soit pas seulement un projet immobilier, mais bien un projet respectueux des salariés, de leurs métiers et de leurs conditions de travail. Elle appelle également les autres organisations syndicales à s’unir pour travailler de concert à travers le CSE et la CSSCT.

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