Lors d’un précédent article, nous vous annoncions la signature par la CFDT du nouvel accord d’intéressement qui s’appliquera pour les 3 prochaines années de 2026 à 2028. A la demande de nombreux salariés, voici quelques clés de lecture permettant d’identifier les dispositions essentielles et leurs implications pratiques.
Un niveau d’intéressement maximum en progression : L’un des points essentiels de cet accord est la hausse de l’enveloppe maximale possible.
L’intéressement pourra représenter jusqu’à :
- 5,10 % de la masse salariale en 2026 (contre 4,85% sur les deux années 2024 et 2025 des deux accords précédents)
- 5,35 % en 2027
- 5,60 % en 2028.
C’est une progression non négligeable avec une montée en puissance du socle Groupe, tout en maintenant un socle spécifique Entreprise important.
L’enveloppe se compose de deux parties :
- un socle Groupe, qui progresse de 1,50 % en 2026 à 2,00 % en 2028
- un socle spécifique UES AG2R, maintenu à 3,60 % de la masse salariale.
Un déclenchement plus sécurisé que dans les premières propositions
L’accord prévoit un “interrupteur” : si le niveau minimum de résultat combiné SGAM n’est pas atteint, aucun intéressement n’est versé. La CFDT a été particulièrement vigilante sur ce point, car un déclencheur trop élevé aurait pu rendre l’accord théorique.
Dans le texte final, le déclenchement repose sur un résultat combiné SGAM au moins égal à 50 % de l’objectif fixé dans le PMT. Ce mécanisme reste exigeant, mais il est désormais clairement rattaché à la trajectoire économique présentée par l’entreprise.
Des critères nombreux, mais indépendants les uns des autres
L’accord repose sur 15 critères répartis entre :
- les critères Groupe : résultat net SGAM, chiffre d’affaires SGAM, solvabilité, retraite complémentaire, plateformisation, satisfaction client, bilan carbone ;
Cette sous enveloppe représente de 0% à 1,50 de la masse salariale en 2026, 1,75% en 2027 et 2% en 2028.

- les critères spécifiques UES AG2R : fonds de gestion, satisfaction retraite complémentaire, chiffre d’affaires SGAPS, résultat assurantiel, sinistralité, frais, solvabilité AG2R Prévoyance et Arpege Prévoyance.

Cela signifie qu’un critère non atteint ne bloque pas automatiquement les autres. Dès qu’un indicateur atteint son seuil, il peut déclencher sa part d’intéressement, entre 25 % et 100 % de son enveloppe.
Pour la CFDT, c’est une garantie essentielle : l’accord ne repose pas sur un mécanisme global “tout ou rien” une fois l’interrupteur franchi.
Des seuils et objectifs mieux encadrés :
Plusieurs indicateurs ont été clarifiés ou améliorés au cours de la négociation. Quelques exemples :
- Le chiffre d’affaires SGAM est désormais calculé avec un seuil de déclenchement fixé à l’objectif PMT diminué de 1,5 Md€ pour chaque année.
- Le ratio de solvabilité SGAM hors endettement prévoit des seuils de déclenchement à 119 % en 2026, 123 % en 2027 et 125 % en 2028.
- Le résultat des fonds de gestion AG2R Agirc-Arrco déclenche dès -10 M€, avec un objectif à +5 M€.
- Le chiffre d’affaires SGAPS prévoit des objectifs chiffrés : 4 424,4 M€ en 2026, 4 544,9 M€ en 2027 et 4 753,3 M€ en 2028.
- Le ratio de frais AG2R Prévoyance + Arpege Prévoyance fixe des objectifs de 15,0 % en 2026, 15,2 % en 2027 et 14,8 % en 2028.
- Le ratio de solvabilité AG2R Prévoyance + Arpege Prévoyance prévoit un objectif de 147 % en 2026, avec un seuil situé 20 points en dessous.
Ces éléments chiffrés permettent aux salariés de mieux comprendre les indicateurs qui seront mesurés dans quelles conditions l’intéressement pourra être déclenché.
Une meilleure transparence sur les retraitements
La CFDT a également été attentive aux clauses dites “pro forma” et aux retraitements possibles.
L’accord prévoit que certains éléments exceptionnels pourront être neutralisés : changements de périmètre, évolutions réglementaires, normes comptables, mise en place de la réassurance interne, départ de la MPJ, etc… Ces retraitements peuvent être nécessaires pour comparer correctement les résultats d’une année sur l’autre. Cependant, ils ne doivent pas devenir un outil de pilotage permettant de minorer artificiellement l’intéressement.
Une répartition individuelle équilibrée
La CFDT a également veillé au maintien d’une répartition équilibrée entre les salariés. L’accord conserve une règle importante :
- 50 % de l’intéressement est réparti selon le temps de présence
- 50 % est réparti au prorata du salaire brut de référence.
Comment est versé l’intéressement ?
L’intéressement sera versé chaque année au plus tard le 31 mai de l’année suivant l’exercice concerné. Chaque bénéficiaire recevra, au mois d’avril, une fiche indiquant :
- le montant global d’intéressement
- le montant individuel attribué
- les prélèvements CSG/CRDS.
Les salariés pourront choisir de percevoir directement la prime ou de l’affecter au PEE et/ou au PER collectif dans un délai de 15 jours. En cas de placement, les sommes peuvent bénéficier du régime fiscal avantageux prévu par la loi.
Pourquoi la CFDT considère que c’est un bon accord ?
La CFDT a signé cet accord parce qu’il permet, de porter l’enveloppe maximale jusqu’à 5,60 % de la masse salariale en 2028, d’obtenir des indicateurs chiffrés et davantage encadrés , de préserver une logique de critères indépendants, plus favorable qu’un système global bloquant.
Pour la CFDT c’est un supplément de rémunération non négligeable qui par ailleurs ne doit jamais se substituer aux NAO (négociations annuelles obligatoires).
Enfin depuis notre dernier article sur le sujet nous avons appris que les trois autres organisations syndicales représentatives CGT, CFE-CGC et FO se sont jointes à la CFDT pour signer cet accord, le rendant ainsi unanime.
D’ailleurs, nous avons eu la surprise de découvrir que nous faisions la une de la newsletter mensuelle d’une organisation syndicale. Quel honneur !
Pour notre part, nous ne souhaitons pas transformer les communications en polémiques stériles. Les salariés attendent avant tout des organisations syndicales qu’elles défendent leurs intérêts et préfèrent clairement l’unité syndicale à la division.
Nous vous souhaitons de bonnes vacances, du repos et restez prudents autour du barbecue cet été.


Merci pour cet article détaillé, clair et précis. Merci de l’engagement CFDT vis à vis de l’intéressement et plus globalement pour l’ensemble de vos actions. Nous les salariés, on profite des fruits de l’intéressement depuis de nombreuses années et ce n’est pas grâce à la CGT qui n’avait pas signé les accords couvrant les années 2021 à 2025. Avec eux, c’est la posture du vieux syndicalisme révolutionnaire qui nous cantonne à se faire cuire des merguez en brulant des palettes et qui écorche celles ceux qui travaillent réellement pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés.