Le 22 juin 2026, un Observatoire des métiers a réuni la DSID (DSI & Digital), la DRH et les représentants du personnel.
Pour rappel l’observatoire des métiers est un outil de notre accord GAPEC qui permet d’étudier les évolutions quantitatives et qualitatives des métiers. Ces observatoires permettent de mesurer les impacts sur l’emploi. Dans un contexte d’accélération technologique (cloud, cybersécurité, IA), d’agilité forte et d’évolutions réglementaires (DORA, IA ACT, RGPD), la Direction de la DSID a rappelé que la plateformisation et la rationalisation du SI se poursuivraient encore sur plusieurs années. Des points d’étapes réguliers nous semblent de fait très importants.
Des métiers qui évoluent fortement :
Plusieurs familles de métiers sont directement concernées :
Data (data analyst/engineer/scientist, data steward) : des recrutements sont prévus avec comme contrainte une forte tension sur le marché. L’objectif est aussi de réduire progressivement le recours aux prestataires pour davantage d’internalisation.
Gestion de produit (PO/PM/Scrum Master) : sur ces familles de métiers on observe une bascule d’une logique “projet” vers une logique “produit” (cycle de vie complet, du build au run). La Direction nous explique que l’IA est présentée comme un “super assistant” qui automatise certaines tâches (rédaction, synthèses, analyses), pour dégager du temps au service de la qualité et de la conformité.
Architecture / sécurité : Sur ces familles de métiers il y a un renforcement des exigences (notamment “security by design”), et un recours croissant à l’IA pour aider à l’analyse, à la détection et au diagnostic.
Production / infrastructure / DevOps : Sur ces familles de métiers l’objectif s’oriente vers la poursuite de transformation vers le modèle DevOps (automatisation, intervention plus en amont), avec des passerelles qui nécessiteront une forte appétence technique.
Développement / BA / tests : La Direction observe évolution vers davantage d’intégration de solutions SaaS et de pilotage des roadmaps éditeurs ; l’IA est vue comme un accélérateur des tâches répétitives.
IA : opportunités… et inquiétudes à moyen/long terme
Les échanges ont aussi mis en évidence des inquiétudes légitimes : risque de décrochage pour certains collègues, besoin d’un accompagnement renforcé, et vigilance sur le suivi individuel dans la durée (entretiens, management, RH), afin que la transformation ne se fasse pas au détriment des conditions de travail et des parcours.
Parmi les actions partagées : une nouvelle phase de formation IA (après l’été 2026) avec une première vague d’environ 80 collaborateurs “champions”, un travail RH sur les parcours (groupe people review), et des échanges complémentaires via des visites de sites et futurs observatoires.
Cependant pour la CFDT des questions subsistent quels critères de sélection (équité, représentativité, volontariat) ? Quel temps dédié et quelle reconnaissance (missions, objectifs, valorisation) ? Quel plan de diffusion au reste des équipes (au-delà des champions) ?
Nos interrogations :
La DSID est engagée dans une transformation profonde (plateformisation, agilité forte, conformité, IA) qui va continuer encore plusieurs années ; cela implique des impacts durables sur les organisations, les métiers et les collectifs de travail.
L’IA est présentée comme un levier d’efficacité (rédaction, synthèse, tests, diagnostic, automatisation). Cependant, les effets concrets dépendront des choix d’organisation, de charge, de priorisation et d’accompagnement.
Les passerelles et la mobilité interne sont mises en avant (objectif annoncé de 70% en 2026), mais elles ne seront réelles que si les parcours sont outillés (temps, formation, reconnaissance, critères transparents).
La CFDT n’a pas obtenu de garanties sur les gains de productivité annoncés : serviront ils à « faire plus » à effectif constant, ou à améliorer la qualité, la soutenabilité des charges et la prévention des RPS ? Quelles conséquences sur les rôles, la stabilité des équipes, la coordination entre équipes?
Sur les Parcours et emplois : comment seront sécurisées les trajectoires des métiers en évolution ?
Sur le recours aux prestataires : comment va s’organiser la réduction progressive annoncée, et avec quel plan d’internalisation (recrutement, transfert de connaissances, maintien des compétences clés) ?
Nos inquiétudes
Il subsiste un risque de décrochage pour une partie des collègues si l’accompagnement n’est pas à la hauteur. L’accompagnement doit être anticipé et individuel.
Comment garantir qu’il n’aura pas d’inégalités d’accès aux opportunités (mobilité, projets, formation) si les critères ne sont pas transparents et si les managers n’ont pas les marges (budget/temps) pour libérer les personnes.
Le risque d’une dégradation des conditions de travail possible si l’IA accélère les cadences sans réduction de la charge.
L’ensemble de ces questions et inquiétudes légitimes nous laisse à penser qu’au delà du cadre des observatoires des métiers, il y a des questions et des débats qui devront se faire en CSE voire en commission politique sociale.
Lors de la négociation du prochain accord GAPEC, les impacts de l’IA devront également être traités en toute transparence pour anticiper les conséquences sur l’emploi de l’ensemble des salariés notamment ceux de la DSID qui seront surement les premiers impactés tant les évolutions technologiques de leurs métiers seront importantes.
En cas de questions n’hésitez pas à vous rapprocher de vos élus CFDT.

