Si la direction multiplie les grands discours sur la « conquête collective », les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’enveloppe salariale 2026 chute de moitié par rapport à 2025. L’augmentation collective proposée est de 17 euros brut pour 920 salariés seulement. Entre les promesses managériales d’un côté et une politique salariale au rabais de l’autre, nous assistons à un grand écart. Décryptage d’une négociation qui vire au bras de fer.
Le grand écart entre communication et réalité
La semaine dernière la Direction générale et la gouvernance du groupe réunissaient près de 1 000 managers pour lancer le plan stratégique « Esprit de conquête ». Des mots forts sur l’énergie collective, la confiance, le collectif comme force du groupe. Un message clair : « quand un collectif partage l’envie d’avancer ensemble, la conquête devient réalité ».
Mais pour les salariés d’AG2R, la réalité est tout autre.
Ce lundi 19 janvier, une seconde réunion de négociation qui n’en n’était pas vraiment une.
Ce lundi comme rappelé lors d’un précédent article l’ensemble des organisations syndicales représentatives de l’UES AG2R (CFDT CGT CFE-CGC FO) ont entamé une seconde réunion de négociation.
Nous étions impatients de connaitre les propositions de la Direction et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons été refroidis.
La proposition employeur pour la politique salariale 2026 :
Mesures structurelles (0,76%) :
- Mesures de branche estimées : 0,50% (1 168 335 €)
- Passages A vers B et B vers C : 0,13% (300 759 €)
- Relèvement du salaire minimum à 26 000 € (vs 25 606 €) : 0,02% (47 911 €) impactant 376 salariés
- Effet report : 0,11% (247 988 €)
Augmentations collectives et individuelles (0,34%) :
- Augmentation collective de 0,8% pour les salaires < 35 000 € avec 18 mois d’ancienneté minimum : 0,09% (206 842 €) pour 920 salariés
- Budget augmentations individuelles : 0,25% (598 503 €)
Enveloppe totale : 1,10% soit 2 570 337 € déployable au 1er janvier 2026 (sur la paye d’avril avec effet rétroactif)
La position de la CFDT est sans équivoque : Nous exigeons une augmentation de l’enveloppe salariale 2026
La CFDT exige une augmentation immédiate et conséquente de l’enveloppe salariale proposée initialement à hauteur de 1,10% de la masse salariale. Cette proposition est tout simplement inacceptable et représente un recul historique pour les salariés d’AG2R LA MONDIALE.
L’enveloppe 2026 de 2,57 M€ représente moins de la moitié du budget de l’année précédente (+ de 5 M€). Cette chute brutale intervient dans un contexte où la CFDT n’était pas signataire de l’accord 2025, précisément parce que nous avions déjà identifié une trajectoire inquiétante. Nos craintes se confirment aujourd’hui de manière éclatante.
Une contradiction flagrante avec le discours managérial
Comment demander aux salariés d’adhérer au plan stratégique « Esprit de conquête » tout en leur infligeant une politique salariale aussi violente ? Comment parler de motivation des équipes quand l’augmentation collective proposée se limite à 17 € brut mensuels pour les salariés gagnant moins de 35 000 € ?
Cette incohérence est insupportable et démontre un mépris profond pour celles et ceux qui font vivre l’entreprise au quotidien.
Des conséquences dramatiques sur l’attractivité et la fidélisation
Avec une telle politique, comment prétendre recruter et retenir les talents ? Comment expliquer aux 324 salariés en classe 3 sans augmentation depuis 5 ans qu’ils devront encore attendre ? Comment justifier qu’un nouvel embauché devra patienter jusqu’à 30 mois avant sa première augmentation ?
Les exigences de la CFDT pour la réunion du 23 janvier
Face à cette situation, la CFDT exige :
- Une augmentation substantielle de l’enveloppe globale pour se rapprocher a minima des niveaux de 2025
- Un budget d’augmentation collective pour l’ensembles des salariés du groupe. Chacun a contribué et son pouvoir d’achat se doit d’être maintenu.
- Un budget d’augmentations individuelles digne de ce nom, permettant réellement de corriger les situations d’oubli et de reconnaître la performance.
La direction doit clarifier son mandat.
La direction affirme ne pas pouvoir dépasser son mandat budgétaire. Nous lui demandons donc qu’elle retourne devant la direction générale avec nos revendications. Une négociation ne se limite pas à une simple validation d’une décision unilatérale déjà actée.
La CFDT ne signera pas un accord qui organise la paupérisation des salariés. Nous attendons de la direction des propositions à la hauteur des enjeux lors de la réunion du 23 janvier.
Conclusion : l’esprit de conquête… de la précarité

Alors voilà, c’est ça l’esprit de conquête version AG2R : conquérir le droit de gagner moins, conquérir le privilège d’attendre 30 mois pour une augmentation, conquérir la fierté de recevoir 17 € brut par mois. Bravo, quelle ambition !
On nous parle d’énergie collective, mais la seule énergie qu’on ressent, c’est celle qu’il faut déployer pour ne pas éclater de rire (ou pleurer) devant tant de cynisme. « Quand un collectif partage l’envie d’avancer ensemble, la conquête devient réalité », nous dit-on. Le problème, c’est qu’avec une enveloppe divisée par deux, le seul collectif qui avance, c’est celui de la Direction Générale. Les salariés, eux, sont priés de rester sur le quai… sans augmentation.
Rendez-vous le 23 janvier. D’ici là, la direction aura peut-être le temps de consulter un dictionnaire pour vérifier la définition du mot « négociation ». Spoiler : ce n’est pas un synonyme de « diktat budgétaire ».
La CFDT ne lâchera rien. Parce que contrairement à certains, nous, on croit encore au sens des mots.


Vous dites la cfdt n’tait pas signataire en 2025, juste une petite précision au sens des mots : aucune organisation syndicale de l’epoque n’était signataire……
Après ils parlent pour eux, quelle était leur position. les guéguerres syndicales il va falloir arrêter, ça fait le bonheur de la direction et certains pensent plus à ce qu’ils ont perdu au lieu de penser à ce que perdent les salariés
N importe quoi, ce qui fait le bonheur d’une direction c est le poids que toute organisation représente en nombre de syndiqués et ca la direction le sait et joue dessus. Il ne s’agit pas d’une quéguerre comme vous dites mais de resultats
Quelles sont nos leviers ? Le souci c’est que nous n’en avons pas. Les grèves ne sont pas suivies, les salariés acceptent pour ceux qui ne peuvent pas partir et ceux qui refusent partent s’ils le peuvent. Voilà ou en est notre groupe. Il ne sera pas étonnant que nous devenions si peu attractifs que nous soyons bientôt victimes des appétits d’autres groupes.
La médiatisation. C’est à dire jouer sur le terrain qui leur est cher: L’image
Le groupe s’efforce via les communications externes de montrer ses belles valeurs. Je pense que c’est la médiatisation qui a le plus de poids dans la société moderne. Une image patiemment construite peut être écornée en moins de 24 heures. Je me rappelle de « l’épisode – pause pipi » chez Pro BTP : La direction a fait marche arrière très rapidement à partir du moment où les médias en ont parlé……
Il faut peut être modéré le discours quand même. Si nous étions si peu attractifs nous aurions bien plus de démissions. Il n’y a pas que le salaire net mensuel, il y’a les avantages périphériques à prendre en compte.
mais le salaire est le nerf de la guerre
Alors pourquoi nous n’avons pas de départ en masse vers des entreprises qui soit disant paient mieux ?
La RH souhaite garder les sachants…
Ce n’est pas avec une politique salariale comme celle ci, qu’elle va réussir à les retenir.
Les belles paroles ne suffisent pas à satisfaire les besoins humains.
La direction peut remercier les équipes pour le travail fournit.S’i il n’y a pas de contre partie financiére, je ne suis pas certaine que les salariés répondent encore présents à l’avenir.
Ferons nous grève, boycotterons nous les réunions « de conquête » ? Où est la raffinerie AG2R à bloquer ?
« On vous donne des miettes tout en vous demandant d’avoir l’esprit conquérant »
Non.
en espérant que pour la réunion du 23.01, un net effort soit fait de la part de la Direction pour l’ensemble des salariés et pas seulement une minorité. Pas d’annonce de prime de pouvoir d’achat non plus?
Non, pas de prime de pouvoir d’achat ou de complément d’intéressement prévu.
Boycottons tous les futures manifestations liées au nouveau plan, pour montrer notre désaccord
Bonjour, merci pour ce compte rendu très rapide. Qu’il n’y ait rien, ce n’est même plus une surprise. Mais pourquoi faire des NAO (le N est sans doute de trop) juste après la grande cérémonie du lancement du plan stratégique (combien ça a coûté cette fête d’ailleurs… 🥶) et, pire, en plein dans la campagne des entretiens d’appréciation ? Nous dire qu’on a bien travaillé mais que la barre sera (encore) relevée pour cette année pourrait passer avec des vraies NAO (quoi que à force…) mais là ? C’est savoir dès le début que les efforts ne serviront à rien. Le timing est totalement loupé. Incroyable !
Ce qui est obligatoire c’est la réunion, pas le nombre et encore le fait de négocier.
Esprit de foutage de g… Pour rester dans la métaphore spatiale : ceux qui, parmi les syndicats, s’enthousiasmaient des premiers contacts avec le nouveau Directeur 🌙, sont-ils enfin redescendus sur Terre ? 🤷🏼♂️
C’est scandaleux cette attitude. Pendant que la Direction se pavoise sur les réseaux sociaux sur les très bons résultats du Groupe et expose les trophées reçus, les salariés trinquent. Ils s’en contrefichent puisqu’ils embauchent des consultants à tours de bras avec des TJM parfois anormalement élevés. Des projets qui finissent par coûter deux fois plus cher que prévu…
Bonjour, à quoi correspondent les 0,5% des mesures de branches ? Les RMMG ayant été revalorisées l’an dernier à hauteur de 3.7M, pourquoi provisionner encore 1.1M ?
Les négociations de branche 2026 pourraient aboutir à une nouvelle revalorisation. Notamment celle de la RMMG 1A qui sert à calculer la prime d’ancienneté.
mais pour combien de salariés le 1 A ?
Il n’y a aucun salarié AG2R en classe 1. En revanche, l’augmentation de la RMMG 1A influe directement sur la prime d’ancienneté puisque le salarié cumule 1% de la RMMG 1A par année d’ancienneté. L’année dernière, l’augmentation de la prime d’ancienneté a représenté 2,5m€, soit l’équivalent de l’enveloppe totale de 2026.
Donc possiblement donnant lieu – en cas de non revalorisation – à une 2e enveloppe d’augmentations en octobre ?
Aucune enveloppe dédiée aux augmentations collectives en cas d’échec des NAO de branche est sanctuarisée. En cas de non revalorisation des RMMG, nous n’avons aucune visibilité sur la manière dont la direction va utiliser le reliquat.
Est-ce que la direction justifie cette maigre enveloppe ? Il y’a 2 ans nous avions 10 millions alors que nous étions en « risques mortelles », et cette année avec un nouveau plan très ambitieux, et un précédent plan très bien abouti, nous n’avons que 2,5 millions.
NAO 2027 : dans un esprit trumpien, c’est nous qui donneront de l’argent pour alimenter les NAO.
Une pensée chaleureuse pour la très mystérieuse la mondiale executive 😉
Concrètement, que demande la CFDT en terme de chiffres pour les augmentations collectives pour tous les salariés? La direction ne parle de prime de pouvoir d’achat ni de suppléments d’intéressement, allez vous en faire la demande? merci
Nous nous sommes refusés à discuter de la répartition des cacahuètes entre les salariés. Notre revendication est d’augmenter l’enveloppe globale des NAO pour 2026. L’enveloppe actuelle est de 1,1% de la masse salariale, soit la moitié de l’enveloppe 2025, qui était elle-même la moitié de l’enveloppe 2024.
Ainsi en 2024 enveloppe = 10m€, 2025 = 5m€, 2026 = 2,5m€
Notre revendication principale porte sur les augmentations salariales pérennes. Nous pourrons discuter ensuite d’une prime de pouvoir d’achat ou d’un supplément d’intéressement.