Site du Verdon à Strasbourg : la CFDT demande des garanties claires pour la sécurité des salariés

Cet été, le site Retraite du Verdon à Strasbourg a été confronté à une situation sérieuse à la suite d’une suspicion de fuite de monoxyde de carbone. Cet événement a entraîné l’intervention des pompiers, l’évacuation du site, puis la mise en place du télétravail dans l’attente d’éléments permettant de sécuriser la reprise d’activité. 

Pour la CFDT, cet incident ne peut pas être considéré comme un simple épisode isolé. Il met en lumière des dysfonctionnements dans la gestion locale de la situation, des hésitations dans la chaîne de décision et une communication qui n’a pas toujours permis de rassurer pleinement les salariés ni d’associer suffisamment les représentants du personnel. 

Notre objectif n’est pas de polémiquer. Il est d’agir avec sérieux, rigueur et fermeté pour que toutes les conséquences de cet événement soient tirées et qu’une telle situation ne se reproduise plus. 

Des représentants de proximité pleinement mobilisés 

Dès les premières alertes, les représentants de proximité du Grand Est se sont mobilisés pour faire remonter les inquiétudes des salariés, demander des explications et veiller à ce que le principe de précaution soit respecté. 

La CFDT tient à saluer leur action. Dans une situation potentiellement dangereuse, leur rôle est essentiel : alerter, questionner, vérifier que les salariés sont protégés et rappeler à l’employeur ses obligations en matière de santé et de sécurité. 

Lors de la réunion de la CSSCT du 10 septembre, l’ensemble des élus ont tenu à rappeler que les représentants du personnel sont pleinement légitimes à intervenir. Dans ce cas précis, une intervention des pompiers a été nécessaire, le médecin du travail a été informé et est intervenu également. Ce dernier a de son côté prévenu l’inspection du travail qui s’est déplacé sur site. 

Lors d’une réunion exceptionnelle des Représentants de proximité la direction locale s’est étonnée que l’inspection du travail ait pu accéder au site. Peut-être est-il utile de rappeler que c’est normal lorsque cela fait suite à un incident impliquant un risque majeur pour la santé des salariés. 

Des demandes claires portées en CSSCT : 

À la suite de la déclaration commune des représentants de proximité CFDT, CGT et UNSA de la région Grand Est lors de la réunion extraordinaire du 4 septembre, les élus de la CSSCT ont porté une déclaration spécifique lors de la CSSCT du 10 septembre sur la situation du site du Verdon mais ont surtout fait un certain nombre de demandes. 

Les élus ont notamment regretté le refus initial d’inscrire ce sujet à l’ordre du jour de la réunion CSSCT. Pour la CFDT, lorsqu’un événement touche potentiellement à la santé et à la sécurité des salariés, il doit pouvoir être traité dans les instances compétentes. La CSSCT a précisément pour mission de contribuer à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail. 

La Direction a rappelé que dans le fonctionnement de nos instances la gestion de ce type d’incident revenait aux représentants de proximité avec leur prérogatives CSSCT. C’est juste encore faut-il qu’ils soient reconnus et entendus comme tel par les représentants locaux de la Direction. 

Nos demandes : Clarifier, prévenir, responsabiliser 

Les élus de la CSSCT ont formulé plusieurs demandes concrètes. 

1. Clarifier les procédures de gestion de crise 

Qui décide ? Selon quels critères ? À quel moment ? Avec quelles informations transmises aux salariés et aux représentants du personnel ? 

En effet, l’incident du Verdon montre la nécessité de clarifier la chaîne de décision, les consignes d’évacuation, les conditions de reprise d’activité et les modalités de recours au télétravail ou à un autre site lorsque la situation l’exige. 

2. Intégrer le risque monoxyde de carbone dans le DUERP du site 

Lorsque les caractéristiques d’un bâtiment ou de ses installations le justifient, le risque lié au monoxyde de carbone doit être identifié, évalué et intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels. 

Cette demande doit donner lieu à une analyse sérieuse, documentée et partagée avec les représentants du personnel, afin de définir les mesures de prévention adaptées. 

3. Désigner un relais décisionnel en cas d’absence du chef d’établissement 

Une situation de crise ne peut souffrir d’aucun flottement. En cas d’absence du chef d’établissement, une personne clairement identifiée doit être habilitée à prendre immédiatement les décisions nécessaires, à protéger les salariés et à informer sans délai les interlocuteurs concernés : salariés, représentants du personnel, médecine du travail et, le cas échéant, autorités compétentes. 

4. Assurer un suivi de la situation dans les instances 

La CFDT demande que le sujet soit suivi dans la durée, notamment lors du CSE d’octobre ou d’une prochaine CSSCT. Il ne s’agit pas seulement de constater que des mesures ont été prises, mais de vérifier que les procédures sont revues, connues et applicables sur l’ensemble des sites. 

Des réponses de la direction à confirmer dans les faits 

Lors des échanges en CSSCT, la direction a indiqué qu’un expert avait été missionné sur le site, que la médecine du travail et l’inspection du travail étaient en lien avec l’entreprise, et que le rapport avait été transmis aux parties concernées. 

La direction a également reconnu que les procédures pouvaient être perfectibles et que l’incident devait permettre de les faire évoluer. Elle a indiqué que l’intégration du risque monoxyde de carbone dans le DUERP du site serait examinée dans le cadre de sa mise à jour. 

Ces éléments vont dans le bon sens. Cependant pour la CFDT, ils devront se traduire par des engagements concrets, vérifiables et partagés avec les représentants du personnel. 

Protéger d’abord, rassurer ensuite, prévenir durablement 

Le monoxyde de carbone est un gaz particulièrement dangereux parce qu’il est inodore et invisible. Même lorsqu’aucune conséquence grave n’est finalement constatée, une telle situation peut générer une inquiétude légitime, voire une angoisse durable chez les salariés exposés ou concernés. 

C’est pourquoi la CFDT demande également une attention particulière au suivi des salariés potentiellement impactés, y compris sur le plan psychologique, et une communication claire permettant de rassurer les équipes sans minimiser les faits. 

En conclusion la CFDT considère que la protection des salariés doit toujours primer sur toute autre considération. 

L’incident du Verdon doit servir de point d’appui pour renforcer les procédures, améliorer l’information des représentants du personnel et garantir une réaction rapide, coordonnée et protectrice en cas de crise. 

Nous continuerons à porter ce sujet avec sérieux et détermination, aux côtés des représentants de proximité et des élus de la CSSCT, pour que les enseignements soient tirés et que la sécurité des salariés soit totalement garantie. 

Ci joint la déclaration de l’ensemble des élus de la CSSCT

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