Dans le cadre de la consultation CSE sur le projet de réorganisation du marketing produits et services, la CFDT a étudié l’objectif affiché de rapprocher le marketing produit et l’actuariat produit des directions métiers, dans le contexte du plan « Esprit de Conquête » et de la plateformisation.
Au regard des échanges en séance et des retours des équipes, nous estimons que le projet, en l’état, comporte trop d’incertitudes et de risques insuffisamment maîtrisés (lisibilité de l’organisation cible, évolution des missions et perte d’autonomie, conditions de travail dans un calendrier contraint). C’est pourquoi la CFDT a rendu un avis défavorable.
Avis de la CFDT
La Direction présente un projet de réorganisation visant à regrouper les activités de marketing produit et d’actuariat produit au sein des directions métiers, dans le cadre du plan stratégique « Esprit de Conquête » et de la « plateformisation ».
Le projet prévoit le rattachement de l’équipe Marketing des offres Santé collective, Prévoyance, IARD et Services à la Direction Technique Santé Prévoyance ainsi que le rattachement de l’équipe Marketing des offres Retraite, Épargne et Prévoyances TNS à la Direction des Partenariats (DERIOM), avec un traitement spécifique de la Prévoyance TNS qui doit rejoindre la Direction Technique Santé Prévoyance.
La Direction a l’ambition de déployer le projet au 1er mai 2026. Elle indique qu’il n’y a pas d’impact sur les effectifs ni de changement de contenu des postes, mais uniquement des changements hiérarchiques. Des impacts sont néanmoins attendus, comprenant des changements de bureaux et un rapprochement d’équipes sans mobilité géographique.
La CFDT ne remet pas en cause, par principe, l’objectif affiché de mieux articuler la conception des offres, la tarification, et les exigences de marché. Néanmoins, au regard des échanges en séance et des retours des collaborateurs, la CFDT estime que le projet, en l’état, comporte des zones d’incertitudes et des risques insuffisamment maîtrisés.
Lors de l’information en février, la Direction a confirmé que la feuille de route plateformisation est tendue, avec une trajectoire évoquée à l’horizon 2028. Dans ce contexte, la CFDT alerte sur un risque majeur : vouloir mettre en place une organisation « cible » au 1er mai 2026, alors que des retards sont annoncés dans la livraison de certains outils peut dégrader la qualité de service rendu et les conditions de travail.
Plusieurs élus ont demandé des indicateurs permettant de mesurer l’apport réel de la réorganisation. La Direction a indiqué ne pas être en mesure de répondre à cette demande. Cela rend l’information difficilement compréhensible. De ce fait, la CFDT demande la mise en place d’indicateurs de suivi simples ainsi qu’un bilan partagé en CSE après le déploiement.
Par ailleurs, annoncer que la coordination reposera uniquement sur des temps d’échanges est pour la CFDT insuffisant aux vues des interrogations qui subsistent.
Nous n’avons pas eu de réponses claires sur la répartition des rôles entre marketing opérationnel et marketing produit, sur le Pilotage de la chaîne « conception → tarification → mise en marché », ni sur les modalités d’arbitrage en phase finale et leur articulation avec la distribution.
La CFDT rappelle également que des dysfonctionnements ont été signalés sur certaines étapes du processus de création et de mise en marché.
De plus, les retours terrain font ressortir des craintes fortes sur l’évolution des missions, sur l’autonomie dans l’activité ainsi que sur la capacité d’initiative. La CFDT craint que les aspects techniques et financiers prennent l’ascendant sur la logique marché et distribution.
Les salariés ont également fait état d’une angoisse forte liée à un possible déménagement vers Brune, alors même qu’un projet de regroupement immobilier à horizon 2028 est évoqué.
Enfin la CFDT rappelle que toute réorganisation doit être accompagnée correctement et qu’une écoute particulière doit être mise en place. Des temps d’échanges doivent être organisés pour permettre aux équipes d’exprimer d’éventuelles difficultés. Un point d’attention doit également être porté sur la charge de travail durant la période de transition.
Au regard des éléments communiqués à ce stade, des incertitudes persistantes et des alertes exprimées en séance ainsi que par les salariés concernés, la CFDT estime que le CSE ne dispose pas encore de tous les éléments nécessaires.
La CFDT identifie trois risques principaux dans le projet tel que présenté :
- un manque de lisibilité sur l’organisation cible et la répartition des rôles,
- un risque d’évolution non maîtrisée des missions et de perte d’autonomie des équipes marketing,
- un risque de dégradation des conditions de travail dans un contexte de transformation simultanée et de calendrier contraint.
La CFDT considère que ces éléments doivent être précisés pour permettre une mise en œuvre sécurisée du projet.
En conséquence, la CFDT rend un avis défavorable

