Lors du CSE du 15 avril, l’information sur le déploiement du nouveau plan stratégique « Esprit de conquête » et la présentation des feuilles de route se sont poursuivies. Deux sujets importants étaient au cœur des échanges : un bilan du plan “Nouvelle Donne” et la présentation de la future feuille de route pour nos activités Santé-Prévoyance.
Pour la CFDT, l’objectif des échanges n’est pas de critiquer sans raison mais d’obtenir des informations claires, vérifiables et concrètes.
Nous voulons comprendre et analyser les réussites mais aussi ce qui a moins bien fonctionné. Par ailleurs, il est important pour nous de bien identifier les impacts réels sur notre travail au quotidien afin d’être force de proposition sur ces sujets.
Cette réunion a été utile pour mieux appréhender les intentions de la direction et les défis qu’elle reconnaît (comme la modernisation de nos systèmes informatiques ou les ajustements dans la manière dont nous distribuons nos services). Cependant, elle a aussi confirmé un point essentiel : nous manquons encore de détails précis sur le bilan passé et les méthodes pour l’avenir.
Le plan « Nouvelle Donne » : des succès mais aussi des questions en suspens
La direction a présenté le plan « Nouvelle Donne » comme une réussite globale. Parmi les points positifs mis en avant :
- AG2R Prévoyance se porte mieux financièrement : les résultats sont en hausse, signe d’une meilleure santé économique.
- Nos clients sont plus satisfaits : leurs retours (mesurés par le NPS) se sont améliorés.
- Nos systèmes informatiques évoluent : des progrès ont été faits pour moderniser nos outils et passer à de nouvelles plateformes.
- Une solidité financière renforcée : le Groupe est plus robuste, malgré un environnement économique difficile.
Ces avancées sont importantes. Cependant, pour la CFDT, il ne suffit pas d’entendre parler uniquement de réussites. En effet, nous demandons également à pouvoir relier ces succès à des indicateurs concrets, à des moyens mis en œuvre et, surtout, à la réalité de nos emplois.
Ce qui manque encore, selon la CFDT :
- Un bilan détaillé : nous n’avons pas de vision claire des objectifs fixés, de ce qui a été réalisé, des écarts, des raisons de ces écarts et des actions correctives.
- Des chiffres sur le quotidien : peu d’informations sur les délais de traitement, la qualité de nos services, les réclamations, les taux d’erreur ou l’impact sur la charge de travail des équipes.
- Le coût humain de la transformation : qu’a coûté le plan aux équipes quand il y a eu des retards, des fonctionnalités allégées ou des retours temporaires à des méthodes de travail manuelles ?
Sans une évaluation précise du passé, il est difficile de juger la cohérence et la pertinence des projets futurs.
La modernisation de nos outils (Systèmes d’Information) : une transition sous tension
La direction reconnaît des difficultés dans la modernisation de nos outils informatiques : des retards, des problèmes de qualité et la nécessité de corriger rapidement le tir.
Un point clé est ressorti : de nouveaux outils peuvent être mis en service avant même que tous les tests ne soient terminés. Cela signifie que des décisions sont prises en conscience des risques que cela représente.
L’impact sur les salariés : lorsque les outils ne sont pas parfaitement stables dès leur lancement, c’est malheureusement souvent sur ces derniers que les effets négatifs se reportent. La CFDT a clairement exprimé sa préoccupation : la santé et le bien-être des équipes ne doivent pas être la variable d’ajustement ! Des démarrages non stabilisés peuvent créer une charge de travail supplémentaire pour les gestionnaires, les équipes du service client, les managers de proximité, et les équipes techniques et métiers, augmentant le stress et les tensions.
Remercier les équipes pour leur engagement n’est pas suffisant ; il faut mesurer et protéger concrètement les collectifs de travail car comme cela a été rappelé : « les salariés n’ont pas signé pour ça ! »
La future stratégie Santé-Prévoyance : ambitieuse, mais comment ?
La direction présente une stratégie claire pour nos offres Santé-Prévoyance, en ciblant différents types de clients : les grandes entreprises, les PME/ETI, les TPE, les branches professionnelles, les travailleurs non-salariés (TNS) et les particuliers.
Cette vision est utile pour comprendre où le Groupe veut aller : renforcer nos liens avec les courtiers, améliorer les parcours clients, proposer des offres plus industrialisées aux PME, etc.
Cependant, la CFDT constate que la manière d’y parvenir (le « comment ») repose encore beaucoup sur des outils et des organisations qui ne sont pas encore stabilisés. La stratégie dépend fortement de futurs outils numériques, de parcours en ligne simplifiés et d’une meilleure utilisation des données. Or, ces éléments sont encore en cours de construction.
Perte de clients et relance commerciale : clarifions les causes et les méthodes
La direction reconnaît que nous perdons des clients et qu’il est nécessaire de relancer nos actions commerciales. La CFDT demande un diagnostic précis :
- Pourquoi perdons-nous des clients ?
- Comment suivons-nous notre portefeuille clients ?
- Quelles sont les conséquences concrètes sur votre travail : Objectifs, effectifs de nos équipes de service client, formations, simplification des contrats ?
Le risque, sans ces clarifications, est de transformer un enjeu stratégique en une pression quotidienne intenable sur les équipes. On risque de vous « demander plus » alors que l’organisation et les outils ne vous permettent pas de « faire mieux ».
Position de la CFDT : un dialogue exigeant, mais constructif
La CFDT a maintenu une position claire : nous sommes exigeants mais dans un esprit de dialogue constructif. Les échanges ont permis d’obtenir des éclaircissements importants, notamment sur la complexité de nos chantiers en cours, les choix stratégiques liés à nos systèmes informatiques et les priorités commerciales affichées.
Cependant, notre position reste ferme : nous attendons plus de détails sur les bilans, avec des objectifs chiffrés ! Les retours au manuel et les retards ne doivent pas être subis par les équipes. On ne peut pas nous demander de conquérir de nouveaux marchés, de réduire les coûts ET de transformer nos systèmes informatiques, sans une stratégie claire qui prévienne la surcharge de travail, protège la santé et la charge mentale des salariés. Cela passe par des moyens supplémentaires, des renforts, une baisse temporaire des objectifs si nécessaire, des formations sur le temps de travail et un suivi attentif du stress et du bien-être au travail (risques psychosociaux).
En conclusion : des éclaircissements… et des attentes qui demeurent
Oui, cette réunion a permis de mieux comprendre la logique globale de l’entreprise : le plan « Nouvelle Donne » a servi de tremplin vers une ambition plus grande, et la feuille de route Santé-Prévoyance vise à nous permettre de reconquérir des parts de marché grâce à une approche plus moderne et numérique.
Cependant, l’exigence de la CFDT reste entière : pour que les décisions soient bonnes, pour que la consultation soit réelle et pour protéger tous les salariés, il est indispensable d’obtenir des informations précises et des engagements concrets. C’est à cette condition que les discussions pourront se transformer en un véritable dialogue social utile, et non en une simple communication.

