Après une première réunion le 18 janvier, où la direction avait proposé des miettes, une seconde réunion de négociations sur les salaires s’est déroulée le 31 janvier, où ont été proposés des quignons. Quand une vraie miche ?
Rappelons que l’inflation constatée sur 2023 a été de 4,9% (plus de 10% pour les produits alimentaires) et que, malgré un très bon niveau d’enveloppe pour les NAO 2023 (la meilleure depuis 10 ans), cette inflation n’a pas été compensée par les revalorisations salariales collectives. Pour 2024, l’inflation devrait se situer entre +2,6% (INSEE) et 3,4% (NATIXIS).
Ce sont ces chiffres que la délégation CFDT avait en ligne de mire avant d’entrer en négociations.
Le 31 janvier, nous avons obtenu une avancée notable : l’enveloppe NAO est passée de 3,2% de la masse salariale à 4% (l’année dernière, l’enveloppe était de 6%). Mais notons qu’il s’agit d’une enveloppe globale comprenant toutes les mesures salariales.
Une difficulté majeure majeure existent pour la délégation CFDT : la répartition dans cette enveloppe.
En effet,
- 30% de l’enveloppe reste consacrée à d’hypothétiques mesures de branche sur les RMMG. Si ces mesures ne devaient pas venir, la direction veut répartir cette enveloppe pour moitié sur des augmentations collectives et pour l’autre moitié sur des mesures individuelles. Or, pour la CFDT, des mesures de branche sont par nature collectives.
- 30% de l’enveloppe est consacrée à une prime PPV, qui n’est pas récurrente.
- Nous avons obtenu une presque égalité entre les enveloppes des augmentations individuelles et celle des augmentations collectives, mais cette dernière est encore insuffisante pour des revalorisations salariales compensant l’inflation.
En effet, la CFDT revendique que les augmentations collectives puissent, au minimum, garantir le niveau de pouvoir d’achat des salariés. Pour nous, cet objectif n’est pas incompatible avec une politique d’augmentation individuelle, indispensable pour valoriser la performance personnelle du salarié. Pour la CFDT, la problématique se situe dans l’équilibre entre les deux enveloppes, pour ne pas se diriger uniquement vers une individualisation des salaires. - Les revalorisations des salaires de 1,3% à 0,4% par tranches de > 35000 euros à plus de 65000 euros provoquent un tassement de la grille des salaires et des effets de seuils qui ne sont pas compensés par une augmentation plancher.
Nous avons donc demandé :
- une augmentation de l’enveloppe globale dirigée vers les augmentations collectives.
- une autre répartition de l’enveloppe mesures de branche dans le cas où ces dernières n’existeraient pas.
- une augmentation plancher pour tous, que nous avons dans un premier temps chiffrée à 800 euros annuels.
Voici le détail des propositions de la direction :
Pour les augmentations collectives
Salaires | % augmentation du salaire de base |
---|---|
< 35 000€ | 1,3% |
> 35000 < 45000€ | 1% |
>45 000€ < 55 000€ | 0,6% |
>55 000 < 65 000€ | 0,5% |
> 65 000€ | 0,4% |
Les membres du COMADIR sont exclus des AC.
Le salaire annuel servant au calcul des tranches serait le salaire de base + ancienneté, mais l’augmentation collective ne s’appliquerait que sur le salaire de base.
Les augmentations collectives et individuelles prendraient effet au 1er janvier, et seraient versées sur la paie d’avril.
Une prime exceptionnelle PPV
Le montant serait de 600 euros, au lieu de 500 euros proposés le 18 janvier.
La date de versement n’est pas encore connue, car les décrets relatifs à ce type de prime ne sont pas encore parus.
La prime serait versée au prorata du temps de travail 2023, et avec une condition d’ancienneté de 12 mois.
Répartition de l’enveloppe
Propositions du 18 janvier | Proposition du 31 janvier | ||||||
---|---|---|---|---|---|---|---|
% ms | euros | %enveloppe | % ms | euros | %enveloppe | ||
Mesures de branche | 0,9 | 2 038 000 € | 28,11% | 1,2 | 2 726 686 € | 30,09% | |
Passage A vers B | 0,1 | 225 000 € | 3,10% | 0,1 | 225 000 € | 2,48% | |
Effet report | 0,18 | 399 383 € | 5,51% | 0,18 | 399 383 € | 4,41% | |
Total | 1,18 | 2 662 383 € | 36,73% | 1,48 | 3 351 069 € | 36,98% | |
AC | 0,23 | 519 057 € | 7,16% | 0,66 | 1 507 364 € | 16,63% | |
AI | 0,78 | 1 765 292 € | 24,35% | 0,64 | 1 441 388 € | 15,91% | |
Total AI + AC | 1,01 | 2 284 349 € | 31,51% | 1,3 | 2 948 752 € | 32,54% | applicable au 1er janvier |
total récurrent | 2,19 | 4 946 732 € | 68,24% | 2,78 | 6 299 821 € | 69,52% | |
PPV | 1,01 | 2 302 143 € | 31,76% | 1,22 | 2 762 571 € | 30,48% | |
TOTAL | 3,2 | 7 248 875,00 € | 100,00% | 4 | 9 062 392,00 € | 100,00% | |
Détails des propositions d’augmentations collectives en regard des effectifs.
proposition 18 janvier | proposition 31 janvier | |||||
tranches salaire | augmentation | | tranches de salaire | augmentation | effectifs | % de l’effectif global |
0/34999 | 0,50% | | 0/34 999 | 1,30% | 1097 | 24,51% |
35 000/44 999 | 0,40% | | 35 000/44 999 | 1,00% | 2040 | 45,59% |
45000/54999 | 0,30% | | 45 000/54 999 | 0,60% | 510 | 11,40% |
55000/64999 | 0% | | 55 000/64 999 | 0,50% | 392 | 8,76% |
>65 000 | 0% | | >65 000 | 0,40% | 436 | 9,74% |
La prochaine réunion se déroulera la semaine prochaine, le 6 février, et nous espérons que la RH obtiendra un budget supplémentaire et modifiera la répartition des enveloppe à l’intérieur du budget global.
Dans l’état actuel des propositions de la direction, la CFDT ne pourra pas être signataire d’un accord salarial.
Entièrement d’accord avec la non signature.
merci pour ce niveau de détail dans le retour de cette négo. On voit que l’employeur a remis des oursins dans ses poches. Ce n’est certainement pas la bonne méthode pour attirer des talents et fidéliser en interne…d’autant que rien d’autre n’est proposé.
Outre les oursins qui sont de retour, une pensée pour les salariés (surtout les femmes) à temps partiel qui voient leur premier bulletin de paie 2024 avec un salaire net en baisse à cause de la mutuelle en hausse de 11%. En admettant que les NAO restent à ce niveau ces salarié.e.s n’auront rien pour compenser l’inflation… double peine donc…