Lors de la CSSCT du 30 mars, la Direction a présenté aux élus le DUERP (Document unique d’évaluation des risques professionnels) qui est le document de référence qui recense, analyse et hiérarchise les risques auxquels les salariés sont exposés, y compris les risques psychosociaux.
Le DUERP sert de base au PAPRIPACT (Programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail) qui traduit cette évaluation en plan d’actions concret, avec des responsables, des moyens, des échéances et un suivi. Ces documents sont essentiels car ils permettent de prévenir en agissant à la source sur l’organisation et les conditions de travail, de protéger en mettant en place des mesures adaptées (collectives d’abord) et de réparer. Bien construits, accessibles et suivis, le DUERP et le PAPRIPACT renforcent une prévention efficace, transparente et partagée. Le PAPRIPACT 2026 est décliné en fiches actions (responsables, échéances, budget, avancement, modalités d’évaluation).
La CFDT reconnaît des avancées réelles dans la démarche QVCT du Groupe…
Pendant longtemps dans le Groupe, la prévention a manqué de pilotage et de méthode. Depuis l’accord QVCT, il y a eu de réelles améliorations dans l’approche de ce sujet important grâce notamment à une démarche pluridisciplinaire, une cartographie des facteurs de risque, des axes de prévention affichés et une volonté de mieux outiller la démarche (DUERP, plans d’actions).
Pour la CFDT, ce mouvement va dans le bon sens. Il doit maintenant se traduire par des actions de prévention primaire qui consistent à éviter l’apparition du risque, en agissant sur la source de ce risque.
L’enjeu est de supprimer ou réduire les facteurs de risques en amont, avant même qu’ils n’apparaissent, et d’obtenir des résultats mesurables sur le travail réel.
Mais pointe des manques et des points d’attention…
Une priorisation insuffisamment démontrée :
Trois axes « prioritaires » 2026 ont été mis en avant :
- Le risque routier,
- La déconnexion vie pro / vie perso,
- Les postures sédentaires & TMS (troubles musculosquelettiques)
Cependant, la direction n’a pas apporté de grille de priorisation objectivée (données, pondérations, arbitrages) permettant de comprendre clairement pourquoi ces choix sont prioritaires par rapport à d’autres risques.
Trop de prévention « secondaire » (sensibilisation/communication) et pas assez de prévention « primaire »
La prévention secondaire consiste à réduire la durée, l’intensité ou les effets du risque quand celui-ci ne peut être supprimé.
Une partie significative des actions présentées relève plus de la communication, de la sensibilisation et des e-learning et Webinaires.
Ce ce fait, ces actions sont souvent déléguées à la responsabilité du salarié, sans qu’une responsabilité de l’employeur soit relevée.
Le risque routier en est l’illustration : face à ce risque, la direction propose des actions de “sensibilisation à la réglementation routière” et à “l’hygiène de vie” de façon à “ être acteur de sa prévention pour améliorer sa propre sécurité lors des déplacements professionnels ». La charge de travail et la pertinence des objectifs fixés par l’employeur ne sont pas évoquées comme facteurs pourtant déterminants du risque.
Nous faisons le même constat sur la prévention des “risques liés aux postures statiques et au travail prolongé sur écran” : la réponse apportée est un webinaire. Là encore, les temps de pauses et les objectifs fixés par l’employeur, notamment dans les centres de relation client, ne sont pas relevés comme partie prenante du risque.
La CFDT a rappelé que les risques majeurs remontés sur le terrain (charge, objectifs, organisation, outils, réorganisations, manque de moyens) exigent aussi des mesures à la source notamment sur tout ce qui touche à l’organisation du travail, aux priorités claires, au pilotage des transformations…
Pour la CFDT, l’« efficacité » réelle n’est pas prouvée
Beaucoup d’actions sont annoncées comme « en cours » ou « réalisées, efficacité à évaluer ».
Pour la CFDT, il n’est pas acceptable de s’arrêter au taux de réalisation ou à la satisfaction. Il faut des indicateurs de résultats : accidents, TMS, absentéisme, alertes RPS, restrictions médicales, turn-over, etc…
La charge de travail : un sujet transversal sous-traité
En séance, plusieurs organisations syndicales ont insisté : la charge de travail devrait être un axe prioritaire à part entière. La direction estime qu’elle est « intégrée » dans d’autres axes (déconnexion) et que les réponses sont surtout locales voire individuelles : c’est pour la CFDT un point de désaccord important.
La CFDT estime que la surcharge est aussi collective et structurelle (process, outils, objectifs, réorganisations) : nous demandons qu’elle soit traitée au bon niveau.
L’accessibilité au DUERP : un manque évident d’harmonisation selon les sites
Pour rappel, les DUERP doivent être accessibles à tous les salariés (c’est une obligation légale). Aujourd’hui, les modalités, quand elles existent restent hétérogènes (base documentaire, Teams, etc.) voire difficile d’accès (DUERP “papier” à consulter dans le bureau du chef de centre) . La CFDT demande donc une harmonisation et une accessibilité réelle. La Direction s’est engagée à entamer cette harmonisation.
De même, aucune réponse précise n’a été obtenue sur les modalités de prise en comptes des remontées faites par les représentants de proximité sur le contenu des DUERP relevant de leur périmètre.
En conclusion, la CFDT continuera à soutenir une dynamique QVCT sérieuse : le groupe a commencé à structurer la prévention et c’est pour la CFDT une initiative positive, un engagement plus ferme sur la priorisation des actions et un pilotage transparent notamment avec les représentants de proximité sur les sites.
Pour la CFDT, la santé des salariés et les conditions de travail ne se résument pas à des formations : elles se construisent d’abord par l’organisation du travail, les moyens et la prévention primaire qui doit éviter l’apparition de tout risque.

