Bilan sinistralité 2025 : la Direction aligne des chiffres… sans répondre aux vrais enjeux 

Lors de la réunion CSSCT, l’unique point à l’ordre du jour était le bilan de la sinistralité 2025, c’est‑à‑dire les accidents du travail, les accidents de trajet et les arrêts associés ainsi que les maladies professionnelles. 

Pour rappel le bilan de la sinistralité est un état des lieux annuel de la santé et de la sécurité dans l’entreprise. Il recense et analyse le nombre, la fréquence et la gravité des accidents du travail et des maladies professionnelles survenue durant l’année. 

Ce document permet aux élus et à la Direction d’évaluer l’efficacité des mesures de prévention existantes et de définir de nouvelles actions prioritaires. 

 Pour les élus CFDT, le but n’est pas de “commenter des tableaux”, mais de comprendre ce que ces chiffres disent de la réalité et surtout quelles actions concrètes sont mises en place. 

L’objectif étant d’identifier les causes principales (chutes/glissades, risque routier, malaises/états de santé), repérer les périodes à risque (hiver, rentrée), et traduire ces constats en mesures concrètes (communication ciblée, signalétique, amélioration des circulations et du bâti, actions santé mentale/TMS, etc.). Ceci afin de réduire les risques et de suivre dans le temps ce qui est décidé et ce qui est réellement mis en œuvre. 

Ce que montre le bilan “sinistralité” 2025 

Au niveau du Groupe : 

Le volume d’accidents est jugé “faible” au regard des effectifs, mais les chiffres existent et doivent être analysés : les accidents du travail et accidents de trajet sont en légère hausse par rapport à 2024. Ils ont entrainé des jours d’arrêt importants, la direction a par ailleurs voulu distinguer les accidents avec arrêt et les accidents sans arrêts. 

En 2025, aucunes maladies professionnelles reconnues, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de de déclaration en ce sens, mais qu’à date, elles n’ont pas abouti. 

Au niveau de l’UES AG2R 

Sur le périmètre de l’UES, la Direction indique une légère baisse du nombre d’accidents par rapport à 2024 mais une hausse notable des jours d’arrêt, expliquée en grande partie par un accident de trajet grave (très long arrêt). 

Ce constat démontre que ce type de situation montre pourquoi il faut aller au-delà des chiffres et regarder la gravité, la fréquence, les causes, les sites concernés et les actions de prévention. 

Un document dans lequel

il manque des informations essentielles : 

Au regard des nombreux sujets soulevés, les élus CSE de la CSSCT font le même constat : le document est incomplet pour piloter la prévention. 

C’est pourquoi pourquoi la répartition femmes/hommes n’apparaissait pas. 

 La Direction a expliqué que ces données existaient, mais n’avaient pas été affichées pour éviter la stigmatisation mais elle s’est dit, prête à les fournir avec des pourcentages. 

Nous avons insisté également sur la nécessité de savoir quels sites / directions sont les plus touchés, s’il existe des zones géographiques ou périodes plus à risque. 

La Direction a reconnu qu’il fallait pousser l’analyse (par site/direction) et a évoqué l’existence d’informations qui peuvent être mis à disposition des représentants de proximité en région. 

Plusieurs organisations, dont la CFDT, ont pointé l’absence d’indicateurs attendus dans un bilan de sinistralité complet : taux de fréquence et taux de gravité, coûts des accidents, éléments sur les IPP (incapacités) 

La Direction a indiqué que certaines informations étaient dans d’autres supports, mais pas dans cette présentation. 

Les élus CFDT estiment qu’au regard de l’importance du sujet, il est indispensable d’avoir l’ensemble des éléments qui permette une lecture claire et directement exploitable. 

Les élus CFDT ont également découvert dans ce bilan que les accidents liés au télétravail n’étaient pas séparés des accidents sur site. Là encore il est indispensable que cette séparation se fasse pour comprendre les causes (chutes, escalier, poste de travail, etc.). 

 La Direction s’est engagé à ce que cette séparation soit étudiée et apparaisse dans les prochains bilans. 

Sur la Prévention : des actions annoncées, mais un besoin de concret et de suivi fort : 

La Direction a présenté des pistes de prévention, notamment autour d’un “top 3 des causes” : 

  • Chutes / glissades (1ère cause) 
  • Accident de trajet 
  • Malaises / états de santé. 

Parmi les actions de prévention citées, la direction a mis en avant une communication ciblée en période hivernale et à la rentrée (janvier / avril / septembre). En effet, les statistiques démontrent que c’est en cette période que la fréquence des accidents est la plus importante. 

La Direction a aussi évoqué le renforcement de la signalétique “sol glissant”, amélioration des zones de circulation, l’éclairage, les obstacles et enfin un rappel des bonnes pratiques de déplacement. 

Nous ne pouvons qu’approuver ces initiatives mais il faut aussi mesurer la pertinence de ces actions en mettant en place une vraie analyse par site. 

L’étude de l’absentéisme,

un sujet “qui n’avance pas” 

Depuis la signature et le déploiement de l’accord QVCT dont la CFDT est signataire, nous demandons une présentation et une analyse de l’absentéisme en instance (CSSCT ou CSE). 

 La Direction nous répond qu’elle ne cache rien puisque qu’un document existe et est mis à disposition dans la BDES (base de données économiques et sociales). 

Certes, mais les élus CFDT rappellent que ce qu’ils attendent c’est un débat et un échange. 

Sans cette étude sur l’absentéisme, on en oublie l’essentiel : discuter des causes et apporter des solutions pour limiter le taux d’absentéisme. 

La Direction reconnait et assume qu’il y a un retard significatif, pour elle c’est le seul point de l’accord QVCT qui n’avance pas, que le sujet est “complexe, multifactoriel”, et a bien conscience que ce qui est présenté à ce jour n’est pas satisfaisant. 

C’est inquiétant lorsque l’on sait que l’absentéisme a un impact sur : 

  • La charge de travail 
  • L’organisation des équipes 
  • La santé au travail 
  • La qualité de vie au travail 

Par ailleurs la Direction prend toujours comme excuse l’argument du secret médical. C’est évidemment un principe non discutable. Ceci étant il ne doit pas servir de prétexte pour ne pas entamer le débat. 

En conclusion les élus CFDT estiment que Le bilan sinistralité est une base, mais qu’il manque un certain nombre d’éléments en l’état pour orienter la prévention. 

Pour les élus CFDT, l’absentéisme reste le point noir : pas de présentation, pas d’analyse en instance, alors que cela fait partie de l’accord QVCT. 

Le bilan sinistralité 2025 pose des constats. Il doit maintenant devenir un vrai outil de pilotage complet et lisible (indicateurs, analyse par site, télétravail) pour déboucher sur des actions concrètes et mesurables. 

 Sur l’absentéisme, il est indispensable d’avancer. L’accord QVCT impose un débat en instance, avec une analyse partagée et un plan d’action, pas uniquement des chiffres à consulter. 

 

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