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La CFDT signe un nouvel accord d’intéressement

Un nouvel accord d’intéressement a été signé par la CFDT, la CGT et la CGC. Les salariés AG2R REUNICA pourront donc bénéficier du versement de primes pour trois prochaines années.


FO et Solidaires, non signataires du précédent accord, n’ont pas signé. Par contre l’UNSA, qui avait approuvé l’accord de 2015, a refusé de signer celui de 2018.
Même si l’accord proposé ne répondait pas à l’ensemble des revendications des organisations syndicales, la CFDT, la CGT et la CGC n’ont pas voulu suivre une démarche intransigeante et priver les salariés du groupe de trois ans d’intéressement.

Quels sont les grands principes de l’accord ?

Le modèle proposé est identique au modèle précédent : un socle commun avec La Mondiale, représentant une enveloppe maximale de 1% de la masse salariale et un socle de critères spécifiques au GIE AG2R REUNICA, avec une enveloppe de 3,85% de la masse salariale.
Il s’agit là d’une enveloppe maximale théorique de 4,85% au total. En réalité, la construction de l’accord nous laisse penser qu’il ne devrait générer qu’environ 2% de la masse salariale.
Cela a été un premier point d’achoppement avec la direction : les organisations syndicales voulaient que l’accord puisse produire un peu plus.

Beaucoup trop de critères

L’accord retient une condition de déclenchement qui repose sur l’atteinte d’un niveau minimum de solvabilité de SGAM AG2R LA MONDIALE (l’intéressement se déclenche sous condition d’atteinte d’un ratio de solvabilité SGAM Solvabilité 2 supérieur ou égal à 100% du SCR).

Les critères communs aux GIE AG2R et GIE La Mondiale mesurent :
• les fonds propres du Groupe,
• la qualité envers les clients,
• la transformation digitale,

Les critères spécifiques au GIE AG2R mesurent :
• des frais de retraite complémentaire,
• de satisfaction client retraite complémentaire,
• des résultats sur les activités concurrentielles,
• des frais en activités concurrentielles,
• du ratio combiné santé prévoyance.

Des critères financiers

L’objectif de la direction est de mesurer, à travers les différents critères, la santé économique de l’entreprise. C’est pourquoi les principaux indicateurs sont financiers.
Les salariés seront-ils en mesure de comprendre la complexité de ces indicateurs ?
Nous ne le pensons pas. De ce fait, le seul effet appréhendé par le collaborateur sera la hausse ou la baisse d’une année sur l’autre de la prime, sans réellement en comprendre l’évolution.

Quelle implication des salariés ?

Autre question : les salariés feront-ils un lien entre leur activité et l’évolution de l’intéressement ?
Non, car peu d’éléments d’activité influent sur l’intéressement. Ainsi, durant ces dernières années, les efforts importants de productivité des salariés n’ont que très peu joué dans les calculs.
Pourtant, l’intéressement aurait pu être construit comme un outil de motivation du personnel. La construction de l’accord ne permet pas d’atteindre cet objectif.
La CFDT a pourtant plaidé pour l’introduction de « critères sociaux ». Nous n’avons pas obtenu satisfaction.

En conclusion : prendre ses responsabilités

Concernant la distribution de l’intéressement, les primes sont versées pour partie dans le cadre d’une répartition proportionnelle aux salaires (50%), et pour l’autre part, au prorata du temps de présence (50%). Les organisations syndicales n’ont pas réussi à faire bouger cette répartition afin de réduire la part proportionnelle aux salaires.
Cependant, la CFDT, la CGT et la CGC ont réussi à obtenir que les 16 premiers jours de maladie soient neutralisés dans le calcul du temps de présence.

Au final, la CFDT n’a pas obtenu satisfaction sur toutes ses revendications.
Pour autant, comment l’organisation syndicale majoritaire du GIE pourrait-elle expliquer aux salariés que parce que le compte n’y est pas complètement, aucune prime ne sera versée pendant 3 ans ?
Il est plus facile pour des organisations syndicales minoritaires de prendre ce risque que pour la CFDT qui pèse 30% dans la signature d’un accord qui doit réunir 50% de l’audience syndicale.

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