| Le ministre du travail propose de relever l'âge de la retraite |
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| Vendredi, 19 Juin 2009 10:22 |
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Le déficit de la Sécurité Sociale devrait atteindre un record cette année : 20 milliards €. La solution du gouvernement : retarder l'âge de la retraite. La CFDT juge qu'établir un lien entre ce déficit creusé par la crise et un allongement de l'âge de la retraite est inacceptable.
La Commission des comptes a dévoilé lundi les nouvelles prévisions de déficit de la Sécurité sociale. Le trou devrait s'élever cette année à 20,1 milliards d'euros. Nous sommes loin, très loin des objectifs fixés par le gouvernement. Ce déficit est le double de celui de l'année dernière. Et presque le double aussi de la prévision votée par le parlement.
La Sécu subit de plein fouet les effets de la crise. La masse salariale en France devrait diminuer cette année, avec des effets directs sur les prélèvements et donc sur les recettes sociales. La réponse du gouvernement : faire diversion. Et c'est la question des retraites qui revient sur le tapis. Lundi prochain, Nicolas Sarkozy interviendra devant les parlementaires réunis en Congrès. Le président devrait aborder le sujet du retardement du départ à la retraite. Une réforme qui pourrait se faire en 2010. Déjà, Brice Hortefeux, ministre du travail a proposé, dimanche soir, de relever l'âge légal de départ à la retraite. "Comme on sait que si on ne fait rien on va dans le mur, il n'y a pas aujourd'hui à ma connaissance 36 solutions, il y en a trois: diminuer les pensions -est ce que vous sentez aujourd'hui dans le pays les gens prêts à cela?- augmenter la durée de cotisation, reporter l'âge de départ à la retraite comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années jusqu'à 67 ans", a-t-il fait valoir.
Etablir un lien entre le déficit des comptes sociaux creusé par la crise et un éventuel allongement de l'âge de la retraite, est, pour la CFDT, complètement déplacé.
D'autant plus que ce sont les publics seniors qui sont actuellement ciblés par les suppressions d'emplois. Dès lors qu'un grand nombre d'entreprises se trouvent dans l'incapacité de retenir leurs salariés âgés, il est incompréhensible que l'on envisage d'augmenter l'âge de la retraite. La commission des comptes de la Sécurité sociale met en lumière l'ampleur des déficits sociaux. Mais en braquant les projecteurs uniquement sur les coûts de notre protection sociale au sens large, on occulte ce qui est reconnu par tous : sa considérable valeur ajoutée en tant qu'amortisseur social en temps de crise. Loin de nier l'importance des dépenses supplémentaires générées par la situation économique et sociale, nous estimons cependant que cette qualité de notre système social doit être préservée et que l'État doit s'en porter garant en le soutenant.
Aussi, malgré son refus actuel, le gouvernement ne pourra pas faire très longtemps l'économie d'une contribution des plus hauts revenus. Et c'est pourquoi nous proposons, afin de financer en partie les déficits sociaux, la création d'une tranche supplémentaire d'imposition et la suppression des exonérations fiscales sur les droits de succession en affectant ces produits à la dette. Pour la CFDT, il est évident que ces mesures doivent s'inscrire dans un processus de réforme plus large prévoyant notamment la suppression du bouclier fiscal et les exonérations de charges sur les heures supplémentaires. "Avec le bouclier fiscal, plus vous gagnez d'argent, moins, proportionnellement, vous participez au financement de la protection sociale. Il faut arrêter le massacre.", a indiqué François Chérèque, secrétaire général de la CFDT.
De même, la question des retraites doit faire l'objet d'une réforme globale. Mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui.
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| Mise à jour le Vendredi, 19 Juin 2009 10:49 |










