| Dialogue social : le contraire de seul au monde |
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| Jeudi, 11 Juin 2009 09:48 |
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En septembre, un nouveau projet de réorganisation de la gestion administrative chez AG2R devrait être présenté au comité d'entreprise. Objectif : travailler à moindre coût. Moyens pour y parvenir : économiser sur les frais de personnel. La direction prend toutes les mesures pour que rien ne filtre. Le dialogue social consistera à mettre le comité d'entreprise devant le fait accompli.
Le plan d'entreprise prévoit une économie de 8% sur trois ans dans les frais de gestion du groupe AG2R La Mondiale. Dans son prolongement, un projet de réorganisation de la gestion sera présenté au comité d'entreprise fin septembre. Il s'agira, à partir du refrain présenté dans le plan d'entreprise, de jouer une partition qui s'écrit actuellement dans des groupes de travail très secrets qui se réuniront durant tout l'été. La direction prend toutes les mesures pour que rien ne filtre. Les quelques échos que nous avons pu entendre laissent penser que cette dissimulation vise à retarder l'annonce de décisions qui seront difficiles à accepter pour les salariés AG2R.
Un premier projet sera, lui, annoncé en juillet. Il ne s'agira là que d'organiser la gestion commune AG2R/La Mondiale. Sans minimiser l'importance de ce dossier, nous pouvons affirmer qu'il ne changera pas les conditions de travail, le métier, ni même l'étendue des tâches effectuées par les salariés du groupe. Le second projet, celui du mois de septembre, sera d'une autre nature. Ses enjeux seront de réduire les coûts de fonctionnement de 8% d'ici 2011, avec un objectif prioritaire : travailler à moindre coût.
On le pressent : la logique qui conduira ce projet sera avant tout comptable. Même si l'objectif d'efficacité sera certainement affiché, nous craignons que la direction ne pense avant tout à une efficacité économique. Il semble ainsi que, pour la gestion, l'objectif de 8% d'économie s'applique principalement aux frais de personnel. Comment ? Certainement par un recours accru à la sous-traitance. Cet axe a déjà été annoncé en filagramme lors de réunions de comité d'entreprise. Mais surtout par le non remplacement des salariés absents ou quittant le groupe. Le chiffre de 130 gestionnaires en moins dans les effectifs d'ici 2011 circule déjà.
Si ce scénario était réellement appliqué, les conditions de travail seraient fortement impactées. L'organisation du travail serait modifiée. Tout cela demanderait une large concertation, notamment avec les représentants du personnel, afin d'éviter une dégradation des conditions d'exercice des métiers, une dégradation du climat social et une dégradation de la qualité du service rendu à nos clients. Or, tout laisse à penser que le comité d'entreprise ne sera consulté qu'au dernier moment, fin septembre, pour une mise en œuvre dès octobre.
Autre axe majeur du projet visant à réduire les coûts : une plus grande spécialisation des centres de gestion. A priori, cette spécialisation, si elle devait être mise en œuvre, ne devrait pas aller jusqu'à réduire ces centres à une seule activité ou à fermer des établissements. Cependant, elle impliquera un nouveau changement de métier pour un certain nombre de collaborateurs. Les activités concernées pourraient être les adhésions, la gestion de comptes, les prestations retraites, les prestations santé... Bref, un nouveau bouleversement alors que la précédente réorganisation, « dimension gestion », s'est terminée (prématurément) fin 2008.
Le contexte a-t-il changé à ce point en quelques mois qu'il faille déjà se réorganiser ? Ou le précédent projet comportait-il, selon la direction, des lacunes si importantes qu'il faille retravailler si vite sur le sujet ? A ce stade, nous ne pouvons rien affirmer avec certitude sauf peut-être un point : les salariés risquent de faire les frais d'un projet qui ne vise qu'à réduire des coûts, coûts qui auraient certainement été mieux maîtrisés si des chantiers informatiques comme GRECCO avaient été mieux gérés, si le pilotage des activités avait été mieux encadré, si les dysfonctionnements de dimension gestion avaient été mieux anticipés.
La CFDT AG2R n'entend pas rester spectateur d'une nouvelle réorganisation. Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour garantir à la fois de bonnes conditions de travail aux salariés du groupe et une bonne qualité de service à nos clients. Tout ce qui n'est pas fait avec les salariés et généralement fait contre eux. Un projet de réorganisation doit obtenir leur adhésion pour être mis en œuvre dans de bonnes conditions. Et pour cela, un dialogue social dans l'entreprise est indispensable. Le dialogue social, c'est le contraire d'être seul, le contraire de seul au monde.
En d'autres termes, nous ne laisserons pas la direction faire n'importe quoi. |
| Mise à jour le Vendredi, 19 Juin 2009 10:51 |










