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Horaires variables : il faut sortir de l’impasse

La direction deviendrait-elle sourde à nos revendications ? Deviendrait-elle aveugle aux effets pervers de certaines décisions ? Nous ne voulons pas y croire, et pourtant…


Le 9 mars, la CFDT a écrit à la direction pour demander sinon une révision de l’accord d’entreprise sur les récupérations d’heures, tout au moins une note officielle qui annule la remise en cause actuelle de l’horaire variable. Sans réponse, le 22 mars la CFDT relançait la direction, toujours sans effet.

Force est de constater que l’accord sur le temps de travail dans les articles qui traitent des reports d’heures et des récupérations, provoquent des difficultés d’application nombreuses et un rejet évident d’une grande majorité de salariés.

La direction fait une application restrictive de l’accord. Elle n’autorise les crédits d’heures qu’exceptionnellement – c’est à dire à la demande des responsables – et ne rend possible les récupérations que pour les heures effectuées pour les besoins du service. De facto, la direction remet en cause les horaires variables dans le groupe.

Lors des négociations du nouveau statut, la direction avait annoncé qu’elle ne voulait plus que les récupérations d’heures sous forme de journées ou de demi-journées soient accordées systématiquement tous les mois. Le texte de l’accord négocié était le suivant : « le collaborateur peut récupérer, à titre exceptionnel, les heures en s’absentant une journée ou une demi-journée, avec l’accord préalable de son responsable hiérarchique.».

En fin de négociations, dans l’ensemble de plus de 100 pages de projets d’accord, la direction a glissé une nouvelle rédaction de l’article « Les horaires individualisées peuvent entraîner, à titre exceptionnel, des reports d’heures d’une semaine à l’autre…Le collaborateur peut récupérer en fonction de l’activité des reports d’heures de travail réalisées pour les besoins du service en s’absentant une journée ou une demi-journée, avec l’accord préalable de son responsable hiérarchique »

Cette nouvelle rédaction, passée inaperçue aux yeux de plus de 20 négociateurs syndicaux, a eu pour effet d’inverser le processus : ce n’était plus la récupération d’heures qui devenait exceptionnelle, mais le fait même de dépasser l’horaire journalier. Une façon détournée de remettre en cause l’horaire variable sans l’annoncer.

Aujourd’hui, dans de nombreux établissements, les managers appliquent les consignes de la DRH et refusent que les salariés constituent des crédits d’heures. Résultat : beaucoup de services aujourd’hui sont déserts à partir de 16H ou 16H30.

Impacts : les salariés ont des difficultés pour concilier vie privée et vie professionnelle, la qualité de service pour les clients se dégrade, les managers de proximité font face à une désorganisation du travail. Tous ces effets participent aussi à une démotivation contagieuse du personnel.

La CFDT ne peut pas accepter cette situation. Elle ne peut pas admettre non plus que la direction s’enferme dans sa tour d’ivoire et refuse d’entendre et de voir que son interprétation des accords est néfaste à tous les niveaux.

C’est pourquoi la CFDT a proposé à la DRH un avenant à l’accord sur le temps de travail ou, à défaut, une note officielle qui annulerait cette remise en cause actuelle de l’horaire variable. Avec les autres organisations syndicales la CFDT a demandé également une entrevue au directeur général du groupe. S’il le faut, la CFDT ira jusqu’à interpeller le conseil d’administration.

2 réponses à Horaires variables : il faut sortir de l’impasse

  • cette application est un casse tête autant pour les collaborateurs que pour les managers. Quelle est l’utilité de tout bloquer? Cela ne rend aucun service positif ni dans la gestion des activités, ni dans la motivation des équipes…
    Si la DRH espère améliorer la productivité et l’esprit d’entreprise, elle se met le doigt dans l’oeil jusqu’au genou…

  • on a dit qu’il ne faut plus faire des heures supp donc au salarié de respecter les consignes. faite vos heures et on en parle plus.

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