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Gilets jaunes : les positions de la CFDT

Le gouvernement est face à une colère et il faut faire avec les corps intermédiaires. Voici le message lancé par Laurent Berger sur RTL, ce lundi 19 novembre. Le secrétaire général de la CFDT est revenu sur les blocages mis en place par les « gilets jaunes », le 17 novembre dernier.

« Il faut entendre la colère qui s’est exprimée samedi, même si elle est confuse, paradoxale, contradictoire à bien des égards, voire dangereuse », a-t-il indiqué. D’après lui, « ce qui s’est exprimé, c’est une forme fracture territoriale et une fracture sociale. Il faut des mesures d’accompagnement ».

Laurent Berger propose la mise en place d’aides à la mobilité, à la rénovation thermique des logements ainsi que la prise en charge des transports pour se rendre au travail.

Le leader de la CFDT estime que « la question est de trouver les solutions et pour les trouver ça ne peut pas être dans un rapport direct entre les gouvernants et le peuple parce que ceux qui s’expriment, c’est une partie de la population. Mais il y a une autre partie qui est convaincue qu’il faut de la transition écologique », a-t-il ajouté.
Le syndicaliste, qui avait appelé samedi Emmanuel Macron à « réunir très rapidement » syndicats, patronat et associations « pour construire un pacte social de la conversion écologique » a pris acte de la « fin de non-recevoir  » opposée dimanche par le Premier ministre Edouard Philippe.

Rappelons l’analyse de la CFDT.

La hausse des prix est surtout due à la hausse du prix du baril de pétrole (qui explique 70% de la hausse du prix de l’essence à la pompe). À cette hausse s’est greffée l’augmentation programmée de la taxe carbone ainsi que le rattrapage de la fiscalité du diesel, longtemps plus favorable que l’essence. Résultat : le prix du litre de gazole atteint 1,52 € le litre en octobre 2018 (+ 28 centimes par rapport à octobre 2017), presque son prix de janvier 2012. Le litre de sans plomb 95 atteint 1,56 € le litre (+ 16 centimes par rapport à octobre 2017).

Rappelons que cette hausse de la fiscalité s’inscrit dans la stratégie bas carbone adoptée par la France pour faire face au réchauffement climatique. En agissant sur les prix des carburants, la France s’efforce de respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris. Le dernier rapport des scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), publié début octobre, a rappelé l’urgence à agir pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C maximum d’ici 2100.
Cette question n’est pas une problématique d’urbains ou un message destiné aux pays en voie de développement : les activités humaines ont déjà provoqué un réchauffement climatique d’environ 1°C. Si nous ne parvenons pas à réduire drastiquement notre consommation d’énergies fossiles afin de maîtriser nos émissions de CO2, c’est la question de notre vie sur terre qui est posée.

Pour autant, la transition ne peut se faire au détriment de la justice sociale.

Il faut des réponses aux problématiques engendrées par la hausse des prix des carburants.
Une partie de la population subit de plein fouet ces hausses des prix et voit son pouvoir d’achat entamé. Mais demander la baisse du prix des carburants est une mauvaise réponse à des problèmes bien réels. C’est une promesse aussi illusoire (raréfaction des ressources et donc augmentation des prix) que néfaste pour l’environnement : les prix, les consommations et les émissions de CO2 sont étroitement liés.

La CFDT revendique :
– des compensations financières pour ceux qui n’ont pas le choix de leur mode de transport et qui voient leur pouvoir d’achat sensiblement réduit ;
– l’affectation prioritaire des recettes issues de la consommation des énergies fossiles aux investissements en faveur de la transition écologique et à l’aide aux ménages pour la conversion écologique.

Ce n’est pas en faisant croire à la solution d’une baisse des prix des carburants que l’on répondra aux problèmes de pouvoir d’achat des citoyens. C’est par la diminution de la consommation d’énergie, la diminution du prix du foncier et des loyers ou encore la réduction des déplacements domicile/ travail que l’on redonnera des marges de manœuvre budgétaires aux citoyens.

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